La descente aux enfers de PSA en Chine

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Emmanuel Duteil fait le point sur l'actualité économique.

PSA a du mal en Chine

Les ventes de Peugeot et Citroën dégringolent sur place et ça ne va pas être simple de repartir sur de bons rails.

On part en Chine ce jeudi où la situation est compliquée pour PSA.

En effet, les ventes de Peugeot et de Citroën s'effondrent sur place. Il n'y a pas d'autres mots puisqu’elles ont reculé de près de 30% de juillet à août. Si on regarde depuis le début de l'année c'est encore pire puisqu’elles s'effondrent de plus de 42% sur les neuf premiers mois par rapport à l'année dernière. Pourtant la Chine est un marché gigantesque pour PSA. Peugeot y est arrivé en pionnier au milieu des années 80 avec ses 504 et 505, ça n'avait pas marché alors mais il a retenté sa chance avec beaucoup plus de succès dans les années 90. Au point que la Chine est devenue en 2014 (en pleine crise de l'Europe) le premier marché du groupe, mais depuis c'est la dégringolade.

Comment expliquer cette situation ?

Il y a plusieurs raisons. La première, c'est que les constructeurs chinois sont devenus de vrais concurrents. En ce moment, 45% des voitures vendues sont chinoises, alors qu'il y a seulement cinq ans, ces constructeurs ne représentaient quasiment rien. Ces marques locales sont venues totalement marcher sur les plates-bandes des constructeurs moyenne gamme comme Peugeot et Citroën. Surtout que PSA s'est un peu reposé sur ses lauriers et n'a pas suffisamment fait évoluer sa gamme pour répondre aux attentes des chinois. Le groupe a raté le virage des SUV (ces 4x4 de villes) qui ont ringardisé les voitures avec des coffres très typiquement chinoises sur lesquelles PSA était en pointe.

Comment PSA compte rebondir sur place ?

Le groupe a beau dire qu'il perçoit quelques signaux de rebond, ils sont pour le moment bien faibles. Mais finalement, il va devoir faire en Chine un peu ce qu'il a fait en France lors de la crise. Premièrement un repositionnement produit qui a déjà commencé. Lors du dernier salon auto de Shanghai, Citroën a dévoilé son nouveau SUV. C'est une première brique pour repartir. Deuxièmement, il faut réussir à gagner plus d'argent sur chaque voiture vendue, ça passe par une réorganisation notamment du réseau de vente. Selon Les Échos de ce mercredi, PSA pourrait même fermer une de ses cinq usines sur place même si le groupe n'a rien voulu confirmer hier. Tout ça doit permettre de rebondir, c’est un chantier déterminant pour PSA surtout que le groupe a sur le feu un autre gros chantier : réussir à relancer Opel qu'il vient d'acheter en Europe et ça va être également une sacrée paire de manche.