Hermès : ouverture de deux nouvelles usines et création de 500 emplois d'ici trois ans

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Carole Ferry fait le point sur l'actualité économique.

Carole Ferry remplace Emmanuel Duteil du lundi 30 octobre au mercredi 1er novembre 2017.

Le groupe de luxe français Hermès va ouvrir deux nouvelles maroquineries et créer 500 emplois d'ici trois ans.

Le secteur du luxe, plutôt morose en 2016, a repris des couleurs cette année.

Oui, avec une croissance de 5% en moyenne.
Ce qui se vend le mieux, c'est l'alcool (champagne et cognac), le parfum également et puis, le secteur dont la demande explose, et bien c'est la maroquinerie avec notamment les sacs à main ou les portefeuilles. On est moins fort en chaussures, un secteur où les Italiens nous passent devant.
Un luxe français qui se vend à plus de 80% à l'étranger. Qui sont nos plus fidèles clients ? Ce sont les Américains, suivis de très près par l'Asie avec la Chine et de plus en plus le Japon.

Il y a un effet d'accélérateur en France. Il s’agit du retour des touristes chinois après la peur des attentats en 2016. Quand les touristes chinois viennent à Paris, ils achètent des sacs Vuitton et des portefeuilles Hermès.
Bref, la demande augmente, et les marques doivent donc en fabriquer plus.
C’est pour cela que le fameux sac Kelly d'Hermès, par exemple, sera fabriqué dans la petite commune de Saint-Vincent-de-Paul en Gironde. Une autre usine va ouvrir en Seine-et-Marne et ce sont d'anciens employés Hermès qui formeront les nouveaux, car ce sont des emplois, extrêmement qualifiés, qui nécessitent un savoir-faire que eux seuls connaissent.

Est-ce spécifique à Hermès de vouloir maintenir ce savoir-faire en France ?

Pas du tout, c'est spécifique au luxe français, car c'est leur marque de fabrique. Vuitton, par exemple, a quatorze ateliers de maroquinerie en France et devrait même en ouvrir un quinzième. Nous n’avons pas le nom de la ville mais en général, la marque s'installe dans des communes qui ont perdu leur industrie. C’est le cas par exemple à Romans-sur-Isère, l'ancienne capitale de chaussure.
L'Auvergne est aussi une région privilégiée par la maroquinerie de luxe. Pratique, vous avez sur place toute la filière de l'élevage des veaux à la fabrication des sacs à main, en passant par les ateliers de tannerie.

Ça représente beaucoup d'emplois ?

Ce sont quelques centaines d'emplois à chaque fois. Mais en cinq ans, Hermès a quand même créé 2.400 postes.
Et les marques ont besoin de les maintenir en France car c’est leur marque de fabrique et surtout la nouvelle génération est extrêmement regardante sur les critères éthiques. À 3.000 euros minimum le sac à main, il faut qu'il soit fabriqué en France, à la main et grâce à des techniques ancestrales qui se transmettent de génération en génération.
C'est ce savoir-faire "made in France" qui n'a pas de prix dans le luxe.