Des bénéfices quasi records pour le CAC 40

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Emmanuel Duteil fait le point sur l'actualité économique.

Une histoire de gros chiffres, près de 100 milliards d'euros de bénéfices pour les groupes du CAC 40.

C'est stratosphérique ! À titre de comparaison c'est l'équivalent de tout ce que produit en une année un pays comme la Slovaquie. Pour être précis, les profits des 40 premières entreprises cotées en bourse ont atteint l'an dernier 93 milliards et 400 millions d'euros, c'est une hausse de 24%. Le record de 2007 est quasi égalé. Le champion cette année c'est Sanofi qui a gagné la modique somme de 8,4 milliards d'euros devant BNP Paribas et Total.

Au-delà de ces chiffres ces performances disent quoi de l'économie française ?

Ça montre que la France a des géants mondiaux qui profitent à plein de la croissance du commerce mondial. L'exemple le plus parlant c'est peut être LVMH et Kering, nos deux géants du luxe qui ont des marques comme Vuitton ou Gucci, qui ont publié des résultats historiques cette année. Ils sont allés chercher leur croissance par exemple aux États Unis. C'est vrai aussi pour des groupes comme PSA ou Renault. Renault n'a jamais vendu autant de voitures dans le monde.
Sur les 40 entreprises du CAC40 seuls Carrefour et le cimentier LafargeHolcim ont publié des résultats en baisse.

Quand on voit les résultats ça va susciter des revendications du côté des salariés ?

C'est sûr et ce serait bien compréhensible. Pour la plupart, dans ces grands groupes, les salariés vont bénéficier de plan de participation et d'intéressement plus intéressants. Par exemple, la prime d'intéressement est record chez PSA. Mais il ne faut pas s'attendre à une vague massive d'augmentations collectives pour les collaborateurs. C'est un outil qui est de moins en moins utilisé dans les entreprises. La plupart des DRH préfèrent les augmentations individuelles et surtout les primes. En effet, pour eux, les augmentations collectives restent gravées dans le marbre et peuvent rendre la situation plus compliquée dans les années de vaches maigres. D'où des hausses de salaires qui, ces dernières années, sont largement inférieures aux hausses des bénéfices qui elles profitent en revanche beaucoup aux actionnaires.

Mais où en est-on de la volonté du gouvernement d'améliorer la participation et l'intéressement ?

C'est vrai que c'est une volonté du gouvernement. Ils veulent que les salariés soient enfin plus associés à la réussite de leur entreprise. Ils veulent aussi et surtout que ce soit le cas partout. Les plans les plus intéressants sont réservés aux grosses entreprises. C'est beaucoup moins le cas dans les petites entreprises qui réalisent pourtant parfois de belles performances. Ce sera un point important de la loi Pacte portée par le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, qui doit être présentée d'ici quelques semaines.