Grâce de Jacqueline Sauvage : l'unanimité des éditorialistes

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La revue des éditos est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Bérengère Bonte nous présente les différents éditos qui font la Une de la presse.

Le mot du jour c’est  "grâce", celle "qui a probablement touché François Hollande lui-même pour son dernier Noel à l’Elysée" en mettant fin à la détention de Jacqueline Sauvage, peut-on lire ce matin dans l’édito de la nouvelle république du Centre Ouest. "Hollande enfin président" titre Christophe Hartigault. "Probablement sera-t-il abondamment critiqué, prévient-il. Et pas seulement du syndicat de la magistrature. Mais le non-candidat qu’il est désormais a tout à fait le droit de s’en moquer".

A dire vrai c’est plutôt l’approbation assez unanime qui frappe. Dans la presse notamment : Le Parisien/aujourd’hui en France : "S’ils ont condamné Jacqueline Sauvage à 10 ans de prison, les juges avaient sans doute de bonnes raisons (dont évidemment le meurtre de son mari) mais on comprend mal en revanche leur refus de la libérer au prétexte qu’elle se considérait davantage victime que coupable". Les louanges dans la presse vont de pair avec l’unanimité du monde politique: "De Valérie Pécresse à Benoit Hamon" souligne Bruno Dive dans Sud-Ouest qui assume, lui "une certaine gêne", une gêne qui s’insinue devant les mots prononcés par certains pour justifier le geste de cette femme. "Si elle n’avait été battue, écrit Bruno Dive, son « droit » de légitime défense aurait-il trouvé les mêmes soutiens ? La réponse est dans la question. Et ceux qui se sont précipités au secours de Jacques Sauvage sont évidemment de farouches opposants à la peine de mort".

Les questions que soulève cette grâce sont en réalité multiples : elles ont trait à la justice de ce pays. Si, pour Christophe Bonnefoy, dans Le Journal de la Haute-Marne il fallait que quelqu’un "donne à l’humain l’ascendant sur la froide application des textes de loi", dans l’Alsace, Yolande Baldeweck, estime, elle, que cela ne saurait dédouaner la société de s’emparer de ce fléau des femmes battues. « Dédouaner les familles, les enseignants ou les voisins de tirer la sonnette d’alarme, pour éviter d’autres drames », écrit-elle.