Primaire : pourquoi le gauche s'en mêle ?

  • A
  • A
La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

La presse quotidienne revient ce mercredi sur les critiques de la gauche dont est victime François Fillon, jugé trop traditionaliste.

Ce matin en Une de vos journaux c’est très tendu.

Dans 20 Minutes, Alain Juppé roule des mécaniques : "L’important, c’est d’être un vrai dur"
L’Opinion exprime sa gêne : Primaire : pourquoi la gauche s’en mêle.
Le Figaro : Les juppéistes et la gauche se déchaînent contre Fillon.
Et Le Canard Enchaîné : Après avoir éliminé le roi du karcher, Fillon : "Moi, je vais nettoyer la France au Thatcher !"

Primaire

On pensait que ça se passerait entre gens bien élevés, mais ça risque de ne pas être le cas. Comme le résume le Canard, "Juppé l’amorti, le paisible, le hautain, le sinistre, le coincé, s’est complètement lâché. Sa super-pêche, il la colle désormais dans le pif de Fillon. Même si leurs programmes ne sont pas si différents, le grand gagnant du 1er tour de la primaire est désormais un culs-bénis réac, sommé de s’expliquer sur l’avortement, sur sa vision extrêmement traditionaliste, sur son programme économique trop dur". Dans Le Figaro, Guillaume Tabard, un peu taquin, rappelle que Jean-Pierre Raffarin, Valérie Pécresse et Hervé Mariton étaient de la Manif pour tous. Mais comme le résume Jean-Michel Servant dans le Midi Libre, "pour inverser la dynamique de son adversaire, Alain Juppé doit forcer le trait, bousculer sa nature de Bordelais pépère. En clair, il fait un appel du pied aux sympathisants de la gauche et du centre pour qu’ils retournent aux urnes dimanche". Une gauche qui semble avoir totalement renoncé à une candidature sociale-démocrate et qui préfère Alain Juppé, l’homme de 1995, plutôt que Montebourg ou Mélenchon. Surtout, la gauche, constate Claude Askolovitch sur le site Slate, vient de retrouver son meilleur ennemi, le cléricalisme. Quand il ne reste plus que ça pour se sentir de gauche, on peut bien trouver du charme à Alain Juppé.

Pendant ce temps, la lutte contre les lobbies

Le Canard Enchaîné se demande combien il y aura de socialistes mercredi 7 décembre dans l’hémicycle du Sénat. Le moins possible, espère André Gattolin, sénateur écolo des Hauts-de-Seine, qui veut faire inscrire dans la loi la suppression de la pub télé dans les programmes pour enfants de France Télévision. Il y a six mois, sa proposition a été miraculeusement adoptée à l’Assemblée Nationale grâce à l’absence des députés socialistes. Car ils étaient farouchement contre. Mais l’enjeu n’est plus seulement la télévision mais les publicités sur internet, qui permettent de cibler les enfants, de personnaliser une publicité en leur présentant leur parfum préféré ou leurs héros favoris. Désormais, une campagne de pub à la télé est moins rentable que sur la toile. Un bon sujet aussi pour la présidentielle.


Connaissez-vous Dunning et Kruger ? Au départ, nous dit la rubrique improbablologie des pages Sciences et médecine du Monde, la perplexité de ces deux psychologues de l’Université Cornell devant ce fait divers : un homme qui avait braqué une banque à visage découvert parce qu’il était persuadé que le jus de citron allait le rendre invisible comme de l’encre. Et cette question : pourquoi les incompétents se croient si doués ? Ils ont eu l’idée de mesurer la capacité d’auto-évaluation sur des tests de grammaire, de logique et d’humour. Conclusion de l’étude : les gens compétents ont tendance à se sous-évaluer alors que les incompétents sont sûrs de leur force. Mais surtout, confrontés aux performances des autres, les meilleurs s’aperçoivent de leur supériorité alors que les nuls sont toujours persuadés de leurs qualités. Contents d’eux. L’effet Dunning-Kruger, c’est une des clés de l’histoire humaine.