L'Algérie ne sait plus où elle va

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce vendredi sur les commémorations des Accords d'Evian par François Hollande.

Ce matin en Une de vos journaux, les plaies anciennes sont encore béantes et de nouvelles s’ouvrent.
Le Parisien : L’Algérie ne sait plus où elle va.
Et la France ne l’y aide pas, ajoute l’écrivain Boualem Sansal dans une tribune du Figaro, à côté d’une autre, signée Nicolas Sarkozy.
Dans Marianne, c’est le catholicisme ancien et nouveau qu’on explore : pédophilie, repli identitaire, obscurantisme : les scandales de l’Eglise de France.
Et puis une alerte en Une du Figaro Magazine : Délinquance : un général accuse. Le réquisitoire d’un grand patron de la gendarmerie contre un système judiciaire grippé.
Enfin Libération : Benzema : Nouvelle embrouille.

Appel pour la procréation médicalement assistée

L’appel est dans le Monde. Il est signé par 130 médecins et biologistes dont les noms sont associés à l’histoire de la procréation médicalement assistée en France : René Frydman, Israël Nisan, François Olivennes… "Nous, médecins, avons aidé des couples homosexuels à avoir un enfant même si la loi l’interdit". C’est une réalité bien sûr que tout le monde connaît, et qui ne devrait pas valoir à ces médecins la moindre poursuite. Mais ce qu’ils réclament, c’est un large plan contre l’infertilité et une remise à plat des incohérences des lois de bioéthique en France. Comment ne pas trouver aberrant que l’on dépiste systématiquement les trisomies 21 pendant la grossesse mais qu’il soit interdit d’opérer un diagnostic préimplantatoire de la même maladie, de sorte que des femmes qui ont bénéficié d’une fécondation in vitro doivent subir une interruption médicale de grossesse. Mais une dimension du sujet mériterait débat : appeler infertilité le fait que des femmes homosexuelles ne puissent pas avoir d’enfant et en faire un problème comparable à l’infertilité médicale de couples hétérosexuels doit-il être une évidence ? Et l’infertilité d’une femme de 40 ans relève-t-elle de la médecine ou de la société et de son organisation ? L’immense intérêt de cet appel, c’est d’ouvrir le débat.

Chômage et travail des femmes

Le titre fait bondir. Il est dans les pages économiques du Figaro : construire des crèches nuit-il au plein emploi ? Un article qui s’intéresse au faible pourcentage de temps partiels en France par rapport aux autres pays européens. En gros, en France, soit on travaille à temps plein, soit on est au chômage. Pourquoi ? Parce que les femmes travaillent davantage. Elles trouvent des places en crèche, les enfants vont à l’école toute la journée. Bref, si elles gardaient les enfants, le taux de chômage français se rapprocherait peut-être un peu de celui de nos voisins. Bon, les femmes ne sont pas seules en cause. Il y a aussi les 35 heures et la suppression des abattements en faveur du temps partiel au début des années 2000. Heureusement, l’article ne propose pas de renvoyer les femmes à la maison. D’autant qu’il oublie de rappeler que la très grande majorité des temps partiels sont subis et que la pauvreté des femmes et des familles monoparentales est dramatique. Mais il propose d’encourager le temps partiel pendant les études et au début de la retraite. Ca existe déjà et ça n’est pas une preuve de santé pour notre économie.

Loi travail et opération déminage

Les éditorialistes s’amusent de cette revalorisation du point d’indice éminemment tacticienne. "Il s’agit, à court terme, écrit Guillaume Goubert dans La Croix, d’éviter que la grogne des agents de la Fonction Publique ne viennent grossir la mobilisation sociale". Dans Le Midi Libre, Yann Marec relativise largement cette hausse : "Le fonctionnaire qui touche 2.000 euros par mois pourra partir en vacances en juillet avec 12 euros de plus. Une tête d’épingle dans son porte-monnaie mais un trou béant pour l’État". Mais c’est un autre volet de la loi travail qui intéresse Raymond Couraud dans l’Alsace. Un article qui consacre la liberté pour le salarié de manifester ses convictions religieuses sauf en cas d’entrave au bon fonctionnement de l’entreprise. "Le diable est dans les détails" écrit Raymond Couraud qui ne veut pas croire que cet article "ait été concocté pour inciter les intégristes de tout poil à glisser le bon bulletin de vote dans l’urne comme dépose une offrande à son saint patron". "Il en faudra du cran et de la santé pour rédiger plannings et règles de service, s’inquiète Didier Rose dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Seule l’insécurité juridique progressera si la revendication confessionnelle devient une composante du Droit du travail. A croire que ce gouvernement ne se raccroche plus lui-même qu’à une seule religion, celle du pire arbitrage".

Complotisme

Le magazine Society revient sur le mal du siècle : le complotisme devenu une forme d’idéologie dominante. Vous suivrez le parcours de Laurent Gouyneau, alias Free Man, qui abreuve le net de vidéos censées décrypter les mensonges de l’actualité : confidences d’un vétéran américain sur un programme spatial secret, découverte d’une pyramide construite par le 3ème Reich en Antarctique, et bien sûr, 11 septembre et autres attentats. Sa femme l’a quitté et a refusé qu’il retire de l’école leur fils Anakin pour lui faire suivre un enseignement libre. La contre-culture complotiste occupe aujourd’hui une place majeure. Mais c’est surtout une manne très lucrative pour certains.

Les oubliés de l’Histoire

Ce n’est pas un complot qui les a effacés, juste le hasard. Le Parisien magazine évoque ces inconnus qu’un écrivain a décidé de faire passer à la postérité. Catherine Henriette Bellier, surnommée Cateau la borgnesse, première femme de chambre d’Anne d’Autriche, qui lui confia la lourde responsabilité de déniaiser Louis XIV à l’âge de 15 ans. Paul Cole, touriste américain qui a refusé d’aller visiter un musée avec sa femme et a préféré se promener sur Abbey Road un matin de 1969. C’est lui, tout au fond, sur le trottoir, derrière les 4 Beatles, qui traverse la rue. Et Harris Kindt, un malheureux qui vole un manteau en janvier 1632. Il est condamné pour cela à la potence. Son corps sera récupéré pour la leçon d’anatomie du docteur Tulp, le jour où un jeune peintre nommé Rembrandt décide de faire de la scène un de ses plus célèbres tableaux. Le malheureux n’en demandait pas tant.

Ça ne vaut pas Rembrandt mais ça se vend bien : le magazine Society consacre un article au calendrier Carponizer. Le concept : des jolies filles dénudées qui tiennent des gros poissons. Des trucs gluants de 30 kilos. C’est raffiné, c’est élégant. L’idée a germé dans la tête d’un chippendale passionné de pêche à la carpe qui s’est dit qu’il pourrait demander à ses "copines stripteaseuses bonnasses" de poser pour un cadeau qu’il voulait faire à un ami. C’est de la pêche mais c’est surtout de la poésie, dit-il. Mais prendre les femmes pour des carpes, ce n’est pas les photographier avec, c’est considérer qu’elles sont mieux à la maison ou à temps partiel.