Hamon flambe, Valls tremble

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient évidemment ce lundi sur les résultats du premier tour de la primaire de la gauche.

Ce matin en Une de vos journaux, il n’y a pas de prime à l’originalité. 

Pour la Charente, la Dépêche du Midi, l’Indépendant, c’est : Le duel des gauches.
Variante dans la Nouvelle République, le Figaro et l’Opinion : le choc des deux gauches.
Libération, encore plus court : Deux gauches.
Et le Parisien : Le PS coupé en deux.
Et 20 Minutes anticipe la suite : Hamon flambe, Valls tremble.

Primaire

"Le chamboule-tout des primaires continue", constate Didier Rose dans les Dernières Nouvelles d’Alsace. "Pour Manuel Valls, nous dit Daniel Muraz dans le Courrier Picard, après la gifle, c’est une nouvelle petite claque". "Encore une semaine à faire semblant, écrit Guillaume Tabard dans le Figaro. Une semaine pour Manuel Valls à faire semblant de croire que la primaire n’est pas jouée, une semaine pour Benoît Hamon à faire semblant de croire que sa victoire permettra de rassembler la gauche". Comme le note Patrick Appel-Muller dans l’Humanité, le vainqueur "ne pourra pas se  targuer d'incarner le vote utile, alors que plane le risque d'un second tour Fillon-Le Pen. À gauche, Jean-Luc Mélenchon domine la scène politique. À droite, l'opération Macron aimante des notables socialistes convertis au libéralisme". Reste Arnaud Montebourg, sur lequel le site Huffington Post titre : Arno future. Sur Causeur, David Desgouilles regrette qu’il ait renoncé à mettre les pieds dans le plat. Devait-il se laisser imposer le débat, passer de longues minutes sur le congé paternité plutôt que d’expliquer la manière dont il voulait casser la vaisselle à Bruxelles ? Sur le site Figarovox, le politologue Gaël Brustier rappelle cette ambiguïté fondamentale : "La libéralisation des marchés financiers, c'est d'abord le fruit de l'action de technocrates issus du PS, investis dans les organisations internationales". Du coup, le changement, c’est ailleurs.

Ça ferait un bon débat pour le PS

C’est là-dessus, sans doute, qu’aurait dû se jouer la primaire. Il est encore temps. Le Parisien évoque le plan de restructuration du groupe Vivarte. Comment en est-on arrivé là ? D’abord, le système des LBO, des montages financiers consistant à racheter des entreprises endettées à crédit pour ensuite faire supporter le crédit aux entreprises et les dépecer. "Six administrateurs sur neuf représentent les fonds d’investissement, explique un ancien dirigeant de Vivarte. Ils ont sciemment arbitré en faveur de leurs intérêts et pas de ceux du groupe". Autre article sur lequel pourraient méditer les deux candidats : Les Échos se demandent si l’on peut protéger les fleurons industriels français. Lafarge, Technip, Alcatel ou Alstom, la liste est longue. La Chine, notamment, a multiplié par huit ses acquisitions en quatre ans, faisant de l’Europe sa 1ère cible. La défense s’organise à Berlin, où deux achats chinois ont été rejetés. En France, hormis les deux extrêmes politiques, l’essentiel des candidats n’a pas élaboré la moindre ligne politique sur la défense des champions français face aux appétits étrangers. D’abord, parce que notre pays n’a pas les moyens de financer un patriotisme économique offensif. Ensuite, parce qu’il faut composer avec une Commission Européenne qui, au nom de la liberté d’investissement, interdit toute action. Le journal avance des solutions. Encore faut-il s’y intéresser.

Autre fleuron français

Dans Le Figaro, c’est Charles Beigbeder qui s’intéresse à ces territoires où les centre-villes se vident de leurs commerces, les services publics sont en déshérence, la fracture numérique se creuse, l’accès aux soins devient de plus en plus compliqué et l’éducation est particulièrement sinistrée. Une vie artificielle se crée en dehors de la ville réelle, dans des centres commerciaux d’une profonde laideur. Il plaide pour un plan Marshall, une exonération fiscale pour sauver certains fleurons artisanaux. Là aussi, on aimerait avoir la position de tous les candidats à la présidentielle.

Gâteau

C’est un écho du Figaro : le gâteau de neuf étages pour l’investiture de Donald Trump ressemblait étrangement à celui de Barack Obama en 2013 alors qu’il ne vient pas du même pâtissier. En fait "le client" avait apporté une photo et insisté pour avoir exactement le même. L’histoire d’une obsession…


"Cela fait 20 ans qu’on me prend pour François Hollande". C’est le titre d’un article dans le supplément L’époque du Monde. Michel Poulaert explique qu’il aurait préféré qu’on lui dise qu’il ressemblait à Brad Pitt. Puis il ajoute "Je dirais que c’est plutôt François Hollande qui est le sosie de Michel Poulaert. Souvent, on me dit "Ah si seulement il avait ton charisme". Alors, le sosie a voulu s’engager en politique. Chez les Républicains. Mais il se dit prêt à conseiller Emmanuel Macron. Parce qu’il est conférencier et coach en optimisme. Visiblement, conseiller Manuel Valls ou Benoît Hamon ne lui traverse pas l’esprit. Il ne croit pas aux causes perdues ?