Europe : 60 ans, l'âge de la retraite ?

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce vendredi sur l'Europe qui fêtera les 60 ans du traité de Rome dans 15 jours.

Ce matin en Une de vos journaux, il y a ceux qui vont bien et les autres.
Les Échos : L’éclatante santé des stars du CAC40.

Côté Union Européenne, c’est moins florissant :
Le Figaro : L’Europe impuissante à surmonter le choc du Brexit.

Mais on est rassuré, un médecin est à son chevet :
Le Monde : Le projet de Hamon pour relancer l’Europe.

Cela dit, le médecin n’est pas en pleine forme :
Libération : Hamon : 10 jours pour inverser la courbe.

De son côté, L’Opinion prend le pouls de la CGT, de FO : présidentielle : les syndicats à la rue. Avec le dessin de Kak, Marine Le Pen et Philippe Martinez face à face sur deux chaises. Elle, son programme économique sur les genoux, lui lance : d’après Tinder, nous sommes compatibles à 80%.

Europe

"Dans 15 jours, le 25 mars, écrit Jean-Dominique Merchet dans L’Opinion, l’Union Européenne célèbrera le 60e anniversaire du Traité de Rome, son texte fondateur. 60 ans ? C’est quasiment l’âge de la retraite". Ça craque de toutes parts. Les Échos publient un sondage montrant que trois Français sur quatre sont opposés à une sortie de l’Euro. En revanche, ils sont 54% plutôt favorables ou très favorables à un référendum sur le maintien de la France dans l’Union Européenne. En fait, on ne compte que des paradoxes. Près de la moitié des 18-24 ans considèrent que l’appartenance à l’Union Européenne procure plus d’avantages que d’inconvénients alors que c’est le cas pour moins d’un tiers des plus de 65 ans. Et pourtant, ce sont les jeunes qui votent le plus pour le Front national. Mais la fracture est surtout géographique. Moins d’un quart des personnes résidant dans des agglomérations de moins de 20.000 habitants voient l’UE de façon positive contre 44% en région parisienne. Et la fracture géographique est aussi une fracture sociale : 44% des cadres voient des avantages à l’Europe contre 17% des employés. Ces divisions, nous disent Les Échos, sont la toile de fond de la présidentielle. Dans Le Parisien, Christine Lagarde, patronne du FMI, alerte donc sur les dangers d’une sortie de l’euro et brandit le spectre des années 30 pour expliquer que le protectionnisme nous guette et qu’il est dangereux. Le journal l’interroge sur la prise de position du FMI qui a affirmé, au contraire des institutions européennes, que la dette grecque n’est pas soutenable. Mais alors, comment raisonner les créanciers, la BCE, l’Allemagne ? : "On explique, on réexplique, ré-réexplique". En attendant, la Grèce agonise et les peuples votent contre l’UE.

Benoit Hamon

Il a donc un plan pour l’Europe. Convaincre l’Allemagne de créer une Assemblée de la zone euro avec budget commun. Encore faudrait-il qu’il soit audible. Les commentaires sont sévères. Il se ringardise face à Emmanuel Macron, juge Hubert Coudurier dans Le Télégramme. Victime du vote utile, le dédouane Bernard Stefan dans La Montagne. Il est vrai que face à lui, Emmanuel Macron incarne un candidat d’un genre nouveau. Dans L’Opinion, Aquilino Morelle, l’ancienne plume de François Hollande, décrit son registre politique comme celui du pouvoir pastoral : "Il s’adresse à la multitude des brebis rassemblées devant lui, mais aussi à chacune d’entre elles prises isolément en leur demandant de le suivre sans trop s’interroger, ni l’interroger, de le croire sur parole, parce qu’il serait, lui, le berger, le bon pasteur veillant sur son troupeau et sachant comment le guider sur le droit chemin. On est là plus dans le domaine de la foi mystique que dans celui de la conviction politique".

Sang froid

La revue du polar et de l’investigation publie son 5e numéro. Manque de moyens de la police, vie des témoins sous X, portrait de l’homme qui a fait chuter Cahuzac. Et puis cet épisode des écoutes téléphoniques mises en place par Jacques Foccart, conseiller de De Gaulle, à l’encontre de François Mitterrand lors de la présidentielle de 1965. Des conversations retranscrites sur feuillets dactylographiés entre François Mitterrand et une jeune étudiante, Anne Pingeot. Tous deux s’amusent de la friture qu’ils entendent sur la ligne. Mais De Gaulle se refuse à les utiliser, comme il refuse d’utiliser la photographie de François Mitterrand avec le Maréchal Pétain. Qui imaginerait le Général de Gaulle s’abaissant à ce genre de pratique ?

Maladie du soda

C’est le surnom de la stéatose, affection du foie qui a failli coûter la vie à Pierre Menès, sauvé par une greffe. Le Parisien nous explique que six millions de Français en seraient atteints. Et contrairement à ce qu’on imagine souvent, ce n’est pas l’alcool qui abîme le foie de tous ces gens mais les sucres, les graisses, les boissons gazeuses. Une épidémie silencieuse qui pourrait bien un jour faire du bruit.


Le magazine Elle nous enseigne un nouveau mot : grocery hauls. Ca signifie : butin de courses. Le principe : un anonyme filme et diffuse sur YouTube le déballage de ses sacs de supermarchés. Aux États-Unis, trois millions de vidéos en un an, dont certaines atteignent 1,3 million de vues. La championne française, une Drômoise de 26 ans, confesse son amour coupable pour un détartrant. À côté des images de soda, de papier toilette et de crème glacée. Finalement, cette présidentielle, c’est un grocery haul : on déballe des sacs entiers de candidats. On s’extasie sur un détergent ou sur des pépites de chocolat. Pour tromper l’ennui.