Brésil : "Le système politique est en train de s’effondrer"

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L'invité d'europe nuit est une chronique de l'émission Europe nuit
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Pour Alfredo Valladao, professeur à Sciences-Po Paris, la procédure de destitution de Dilma Rousseff est symbolique de la grave crise politique traversée par le pays depuis des années. 

L’avenir de Dilma Rousseff à la tête du Brésil ne tient plus qu’à un fil. Les députés brésiliens ont ouvert dimanche la voie d'une destitution de la présidente de gauche par le Sénat à une écrasante majorité. S’il reste encore plusieurs étapes majeures pour voir Dilma Rousseff être définitivement écartée du pouvoir, le Brésil traverse la plus grave crise politique de son histoire récente.  

Pour Alfredo Valladao, professeur à Sciences-Po Paris, "on se retrouve devant un pays où tout le système politique est en train de s’effondrer". "Il y a un parti des travailleurs (le parti au gouvernement) jugé par une opposition elle aussi totalement corrompue. On est devant une grande crise, et on ne sait pas où cela va nous mener", a analysé le président du Conseil Consultatif de l’Association EUBrasil (Union Européenne-Brésil), interrogé lundi sur Europe 1.

"Dilma Rousseff paye son arrogance". "Cette procédure de destitution n’est pas tombée du ciel. Les choses ont changé lors des deux dernières années de Lula. Quand Dilma est entrée en poste, l’économie était déjà très mal en point. Il y a ensuite eu quatre ans de grosse crise économique, avec du chômage et de l’inflation. Il y a eu des scandales terrifiants de corruption", a poursuivi Alfredo Valladao, avant de pointer du doigt l’attitude du gouvernement face à ces nombreuses affaires.

"Le gouvernement, au lieu de faire amende honorable, traite ceux qui les critiquent de putschistes. Dilma Rousseff paye son arrogance et celle du parti des travailleurs, qui pensaient avoir le droit de tout faire grâce à leur légitimité électorale. Mais à un moment les Brésiliens ont dit non. Dans l’opinion publique, près de deux tiers sont en faveur de la destitution, et on continue de dire que c’est un coup d’Etat. C’est absurde", a conclu le professeur.