Une "pilule de l'oubli" pour effacer une partie de sa mémoire volontairement

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Innovation est une chronique de l'émission Europe matin
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Anicet Mbida nous offre chaque matin ce qui se fait de mieux en matière d'innovation.

Notre compréhension du cerveau progresse, on est désormais capable d’effacer de façon sélective une partie de la mémoire.

Provoquer une amnésie, faire oublier des choses, on savait faire (un traumatisme crânien et c’est réglé). Ce qui est nouveau, c’est de pouvoir choisir de façon précise, quel souvenir on veut faire oublier et de ne supprimer que celui-là sans toucher aux autres.

C’est ce qu’ont réussi à faire des chercheurs de l’université de Columbia aux États-Unis. Pour le moment, uniquement sur des souris et des escargots. Mais le principe devrait être exactement le même chez l’homme.

Mais comment on arrive à choisir le souvenir précis que l’on va supprimer ?

On va vous demander d’y repenser mais juste avant, on va vous injecter un produit qui inhibe certaines protéines du cerveau, qui aident à matérialiser ce souvenir. Comme le souvenir n’arrive plus à se former, on finit par tout oublier.

Ces travaux intéressent beaucoup les médecins et les psychologues. Notamment ceux qui suivent les personnes traumatisées après un accident, un viol ou un attentat.

On se dit qu’avec cette "pilule de l’oubli", on pourra mieux traiter certains troubles post-traumatiques.

Comment ? En faisant oublier l’accident ou l’attentat par exemple ?

Pas forcément. Cela rendrait certains souvenirs associés totalement incohérents : avec qui on était, pourquoi on est allé à cet endroit, les enseignements que l’on a tirés.

Il s’agit plutôt de faire oublier les détails, les petits riens qui font replonger : un bruit, une image ou une odeur. D’où l’intérêt d’être capable de choisir très précisément le souvenir que l’on souhaite supprimer.

Mais il y a encore du travail. On n’est encore qu’au début des recherches.