Des nanorobots capables d'éliminer les tumeurs cancéreuses

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Innovation est une chronique de l'émission Europe matin
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Anicet Mbida nous offre chaque matin ce qui se fait de mieux en matière d'innovation.

Bonjour Anicet Mbida. C’est l’aventure intérieure ce matin. On arrive à envoyer des robots microscopiques détruire des cellules cancéreuses dans le corps.
Oui, des nanobots comme on les appelle. Et franchement, c’est génial. Parce qu’aujourd’hui, pour combattre des tumeurs cancéreuses, qu’est-ce qu’on fait ? On fait des traitements par chimiothérapie ou par rayons. Et ça marche, ça détruit les tumeurs. Mais malheureusement, ça détruit aussi des cellules parfaitement saines. C’est pourquoi il y a autant d’effets secondaires. Donc l’idéal serait d’arriver à cibler précisément la tumeur, sans rien toucher d’autre. C’est ce qu’a réussi à faire une équipe de chercheurs chinois et américains. Ils ont conçu un robot microscopique capable d’aller détruire, tout seul, des cellules cancéreuses aux poumons, au sein, aux ovaires et même un mélanome sur la peau.

Tout ça chez la même personne ?
Non, l’expérience a été réalisée sur des souris, mais avec des cellules cancéreuses humaines. À chaque fois, le petit robot a réussi à éradiquer les tumeurs et uniquement les tumeurs. Donc cela donne beaucoup d’espoir pour développer une nouvelle génération de traitements contre les cancers. On pourrait fabriquer une armée de ces nanorobots et les envoyer dans le sang vaporiser toutes les cellules cancéreuses.
Comment ils fonctionnent ces nanorobots ? Ils sont télécommandés ?
Non, ils sont autonomes. Pourtant, ils n’ont rien à voir avec des robots classiques avec de l’électronique ou du métal. Ils sont conçus entièrement avec des filaments d’ADN (on peut même dire qu’ils sont tricotés en ADN). Or l’avantage d’utiliser de l’ADN, c’est qu’on peut le coder de façon à ce qu’il se lie à des molécules bien particulières, un peu comme une tête chercheuse. En l’occurrence, les chercheurs ont tricoté un tube d’ADN. À l’intérieur, ils ont mis un agent qui asphyxie les cellules et ils l’ont codé pour qu’il se lie uniquement aux cellules cancéreuses. Du coup, quand le tube passe à côté d’une tumeur, il se colle dessus, il s’ouvre, l’agent sort et finit par asphyxier la cellule cancéreuse.
Quand est-ce qu’on pourra utiliser cette technique sur l’homme ?
C’est justement la prochaine étape : passer aux essais cliniques. Malheureusement, elle est toujours très longue. Il ne faut pas attendre de commercialisation avant huit ou neuf ans.