Valls et Hamon : deux lignes radicalement opposées

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Manuel Valls et Benoît Hamon ont donc été plébiscités par les électeurs de la gauche alors que leurs programmes sont radicalement différents.

L’édito politique c’est la primaire de la gauche , qualifiés pour le second tour Benoît Hamon et Manuel Valls,  un duel qui oppose deux lignes radicalement opposées et qui annonce d’ores et déjà un rassemblement très compliqué.

Deux gauches difficilement conciliables pour ne pas dire irréconciliables se retrouvent l’une contre l’autre. Une gauche qui veut travailler moins, 32 heures, qui veut donner un revenu de base que tous au patron, à l’ouvrier ou au chômeur. Qui veut légaliser le cannabis et prône les peines alternatives plutôt que la prison la gauche de Celle de Benoît Hamon face à une gauche autoritaire, économiquement réaliste, qui a mis en œuvre la baisse des charges pour les entreprises et a dévérouillé les 35 heures avec la loi travail. Celle de Manuel Valls. Deux gauches qui se sont déjà affrontées, fracturées pendant le quinquennat, deux gauches qui n’ont pas le même horizon, celle de Benoît Hamon qui se projette moins dans la présidentielle que  dans sa refondation après la défaite, celle de Manuel Valls qui veut exercer le pouvoir. Le rassemblement à l’issue de second tour s’annonce déjà très très compliqué.

Quand on additionne les voix de Benoît Hamon et celui d’Arnaud Montebourg, on se dit que les électeurs ont déjà choisi entre ces deux gauches Antonin, en tous cas ceux qui se sont déplacés.

Ceux qui se sont déplacés. Il faut effectivement le signaler. Manuel Valls fait un score très faible : deux fois moins de voix que le score cumulé du tandem Hamon-Montebourg, tout cela dans un contexte de faible participation. Comment ça s’explique ? Une hypothèse possible, probable: une partie des électeurs fidèle à la ligne Valls cette gauche réaliste, libérale sur le plan économique ne s’est pas déplacée parce qu’elle se projette déjà sur une candidature extérieure, en l’occurrence celle d’Emmanuel Macron, parce qu’elle croit d’avantage en ses chances de gagner et d’exercer le pouvoir. C’est probable et cette hémorragie des troupes socialistes -pour résumer-risque de s’amplifier dimanche prochain en cas de victoire de Benoît Hamon mettant en péril l’existence même du Parti socialiste.