Sortie de Richard Ferrand du gouvernement : quelle est la véritable raison ?

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Antonin André nous livre son édito politique au lendemain de l'annonce de l'éviction de Richard Ferrand du gouvernement.

L’édito politique c’est le remaniement gouvernemental annoncé. Ce devait être un "ajustement", c’est déjà un bouleversement avec l’exfiltration de Richard Ferrand, fidèle d’Emmanuel Macron, réélu, mais toujours sous la menace d’une procédure judiciaire.

Richard Ferrand ministre un mois et deux jours. C’est le huitième ministre le plus éphémère de la Ve république juste derrière Alain Juppé en 2007 démissionné au bout de 31 jours. Ministre sacrifié par Emmanuel Macron pour cause de mise en examen potentielle. La règle était pourtant claire : les électeurs devaient décider de son sort. Les électeurs l’ont épargné, le président le sacrifié. Officiellement c’est une sortie par le haut : Richard Ferrand parlementaire expérimenté, ancien secrétaire général d’En Marche est l’homme clef pour présider le groupe majoritaire à l’assemblée nationale. "Tu es le seul capable d’assurer cette mission, j’ai besoin de toi à ce poste pour réussir Richard je te le demande comme un service" lui a demandé en substance Emmanuel Macron. Comme Bonaparte à un fidèle maréchal, le président demande à son ministre de se sacrifier, et il s’évite du même coup une possible crise gouvernementale en fonction de l’arbitrage des juges.

Richard Ferrand sacrifié, est-ce que ça veut dire que François Bayrou et Marielle de Sarnez qui eux-aussi sont inquiétés par des enquêtes vont-ils connaître le même sort ?

Jocker ! À Matignon comme à l’Élysée, on botte en touche. Et pourtant c’est là le vrai marqueur de l’autorité du Président. Pourquoi sacrifier un ami, Richard Ferrand, et épargner les alliés MoDem, François Bayrou et Marielle de Sarnez ? Eux aussi sous la menace d’une procédure judiciaire et qui de surcroit pour François Bayrou, bravache, va jusqu’à défier l’autorité du Premier ministre en expliquant qu’il parlera quand bon lui semble. Pourquoi épargner le président du MoDem déjà largement rétribué par l’élection de 46 députés de son parti , parti qui était avant ces élections promis à la disparition ? Pourquoi épargner un homme ministre pour la première fois en 1993, trois fois candidat à la présidentielle et qui incarne ainsi à lui seul le contre-exemple du renouvellement ? En politique, on sacrifie volontiers ses amis et on se soumet facilement à ses alliés. Emmanuel Macron sera-t-il révolutionnaire au point de contredire cette règle intangible de la vieille politique qu’il prétend changer ? Réponse aujourd’hui ou demain au plus tard avec le gouvernement Philippe 2.