Majorité pénale à 16 ans : le volte-face de François Fillon

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Alors qu'il était clairement contre la majorité pénale à 16 ans, François Fillon a fait marche arrière hier en se disant finalement "pour".

La politique c’est François Fillon qui promet d’abaisser la majorité pénale à 16 ans. C’est une proposition qui revient régulièrement à droite. François Fillon n'en voulait pas mais hier, il a dit "oui". Pourquoi ?

Parce que François Fillon a un besoin vital de remettre du débat dans la campagne. Il faut que l’on parle de lui à nouveau pour ses propositions et plus uniquement sur les affaires. La majorité pénale c’est idéal pour parvenir à cet objectif. D’abord, vous dîtes majorité pénale dans un meeting de droite, vous obtenez le même résultat qu’avec le droit de vote des étrangers dans une réunion socialiste, à savoir des hurlements de joie et des applaudissements à tout rompre. Aujourd’hui, le seul sujet de François Fillon c’est de mobiliser son camp, s’assurer que la droite fasse bloc pour espérer se qualifier au second tour. Et puis la majorité pénale c’est formidable parce que ça clive. La gauche va hurler. Le débat va se donc se cristalliser autour de François Fillon et pour la première fois depuis un mois ça n’aura rien à voir avec Pénélope et son emploi présumé fictif.

Mais pourtant il n’y était pas favorable il y a à peine un mois. Il avait expliqué ne pas souhaiter cet abaissement parce que c’était le prélude à l’abaissement de la majorité tout court.

Oui c’est vrai et pendant la primaire, cette baisse à 16 ans était dans le programme de Nicolas Sarkozy mais pas dans celui de François Fillon. Notons d’ailleurs que c’est en sortant d’un déjeuner avec l’ancien Président que François Fillon a opéré cette volte-face. François Fillon est en train de faire, en urgence, en pleine tempête, la synthèse qu’il aurait dû faire posément juste après sa victoire. Et la synthèse ça se fait en reprenant des propositions de l’autre. En clair, il y a le feu à la maison, la volte-face n’a pas du paraître bien grave aux yeux de François Fillon. Et le contexte va l’aider à expliquer ce revirement. Les violences en banlieue inquiètent une frange de l’électorat, plutôt encline à voter à droite, François Fillon leur parle. Ensuite, ne l’oubliez jamais, selon toutes les enquêtes d’opinion la sécurité est la deuxième préoccupation des Français juste après l’emploi. Enfin, François Fillon s’attaque donc à l’ordonnance de 1945. Comme tout ce qui date de 1945, c’est le gouvernement provisoire de la république française du Général de Gaulle, c’est un pilier, un totem. François Fillon propose de la réformer ce qui a toujours été promis mais jamais fait, façon de dire, toujours dans ce discours qui vise son camp et seulement son camp,  "j’ai été frappé de plein fouet, j’ai pris coup sur coup mais, moi, je franchirai les obstacles juridiques devant lesquels tous les autres avaient renoncés, même le plus volontariste d’entre nous : Nicolas Sarkozy".