Emploi fictif de Penelope Fillon : une polémique qui n'est pas surprenante

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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À l'approche des élections présidentielles, la publication "d'affaires sales" est fréquente et mérite d'être traitée avec précaution.

La politique c’est l’affaire révélée par le Canard Enchaîné qui touche le couple Fillon. L’épouse du candidat à la présidentielle aurait, d’après le journal, été salariée comme attachée parlementaire pendant plusieurs années sans en avoir réellement exercé la fonction. Une affaire qui ouvre la campagne présidentielle ce qui n’est pas forcément surprenant.

C’est un grand classique, les boules puantes et les scandales politiques, c’est un refrain connu des campagnes présidentielles. 2007, Nicolas Sarkozy est mis en cause pour un rabais présumé  de 300.000 euros sur un appartement acheté à Neuilly avec en bonus, travaux gratuits fournis par le promoteur. Affaire qui l’avait rendu furieux mais qui ne l’avait pas empêché de l’emporter. Il  y a eu les billets d’avions des vacances de Jacques Chirac payés en liquide, l’affaire éclate en 2001 quelques mois avant la présidentielle de 2002. "Les affaires elles font pshiit" avait déclaré Jacques Chirac. Balladur en 1995 avait eu l’affaire Schuller Maréchal. Beaucoup plus dramatique pendant la campagne des législatives, le chef de la majorité Pierre Bérégovoy se suicide le 1er mai 1993, il ne supporte pas que sa probité soit mise en cause dans l’affaire d’un prêt (remboursé) d’un million d’euro pour l’achat de son appartement.

Peu importe les faits, de nature très différentes en l’occurrence, ils éclatent toujours au "bon moment" ?

Il y a toujours un risque, une suspicion d’instrumentalisation. L’affaire Schuller Maréchal en 1995 plombe Balladur et profite à son rival Jacques Chirac, l’affaire de l’appartement de Nicolas Sarkozy tombe début février, quand son adversaire plonge dans les sondages. La gauche aux législatives de 1993 sombre notamment sous les accusations d’affairisme. Le timing de ces affaires et les effets dévastateurs qu’elles peuvent provoquer posent évidemment la question de l’instrumentalisation politique et exigent non pas de ne pas en parler mais de les considérer avec précaution.