Débat de la primaire : qui a fait la différence ?

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Le débat qui a opposé les sept candidats à la primaire de la droite et du centre a vu s'affronter les outsiders et les grands favoris.

La politique c’est le deuxième débat de la primaire hier soir. Plus punchy, des candidats plus à l’aise, plus vivants. Le verdict, qui sort gagnant ?

La question piège. D’abord il y a la catégorie des outsiders, les nommés sont NKM, Jean-François Copé et Bruno Le Maire. NKM a joué la conviction et elle l’a bien joué. Elle défend le front républicain vis-à-vis du FN, elle est la seule, elle veut réformer profondément la constitution, elle est la seule, la seule aussi à défendre son idée de redevance sur le Halal et à porter l’écologie. Elle impose une ligne qui n’est pas majoritaire mais elle est solide. À l’inverse Bruno Le Maire s’est effondré : bâché par Nicolas Sarkozy  quand il l’attaque, imprécis lorsqu’il évoque les opérations extérieures et les troupes françaises en Libye qui n’y ont pas mis les pieds. Il est passé à côté. Jean-François Copé, c’est le dynamiteur. Il l’a fait avec humour y compris en se prenant les pieds dans le tapis quand il dit qu’il  promet  un gouvernement de droite décomplexée avec des ministres de gauche après le pain au chocolat à 15 centimes, il peut penser à une reconversion dans le stand up.

Il y a donc également la catégorie des favoris. Est-ce qu’Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy a fait la différence ? 

Non il n’y a pas eu de coup de grâce ou de coup de maître. Alain Juppé a joué la force tranquille, il défend son alliance avec François Bayrou, il défend son identité heureuse. Il joue le rassemblement. Nicolas Sarkozy qui a été la cible de ce débat du début à la fin, sous-entendu sur son honnèteté, sur les gaulois, sur le fantasme de l’invasion centriste, sur son désir de revanche…. Sa force c’est d’avoir eu la riposte proportionnée, sans s’énerver. Et lui a continué sur son axe : l’autorité. Mais celui qui a gagné au sens où il est apparu au centre du jeu, au centre de l’enjeu c’est François Fillon.  Il est resté dans son couloir, se gardant d’attaquer Nicolas Sarkozy  pas plus qu’il n’a fait de rapprocher avec Alain Juppé.  Eux l’ont épargné, lui donnant du "cher François", du "je suis d’accord avec François", des petits gestes qui ont un sens. La voix de François Fillon, homme d’État, elle pèse,  ce qu’il fera au lendemain du premier tour sera sans doute décisif. C’est le sous-titre d’hier soir. C’est ce qui explique que Fillon était un peu en retrait d’un débat dont il est la clef.