Crispation entre le Front national et le clergé catholique

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Les rapports entre le parti d’extrême droite et l’Eglise sont tendus de longue date. Toute une partie de l’Eglise condamne régulièrement le FN sur la question de l’accueil des migrants, par exemple. Mais en pleine semaine entre Noël et le jour de l’an, les choses se sont durcies.

Plusieurs responsables FN se sont mis à cogner sur les prêtres et les évêques. Que se passe-t-il ?

Tout commence par une interview le jour de Noël. Le cardinal Philippe Barbarin appelle les catholiques de France à voter sans se laisser guider par la colère. Le FN vit cela comme une offensive anti Le Pen. Les tirs de barrage de Nicolas Bay, Gilbert Collard et Louis Alliot fusent. C’est violent. Louis Alliot, par exemple, estime que le clergé "crache au visage" du FN et invite les catholiques à "s’occuper de remplir leurs Eglises", ce qui selon lui n’est pas gagné, plutôt que de se mêler de politique.

Réaction brutale, surprenante car le vote catholique est un enjeu majeur pour le Front. S’il veut gagner, il lui faut aller à la conquête d’électorats qui jusqu’ici préfèrent largement la droite classique mais pourraient se laisser tenter par le FN. C’est précisément le cas d’une partie des catholiques. C’est ce que pense Marion Maréchal-Le Pen, consternée par les sorties de ses collègues. La stratégie à adopter sur le vote catholique divise donc le FN. Je dirais même que la brutalité des réactions donne un sentiment de flottement.

Pourquoi d’ailleurs une telle virulence ?

Précisément parce que le FN sait qu’il s’agit là d’un enjeu majeur mais qui est en train de lui échapper. Le problème du Front s’appelle François Fillon. Entre les catholiques et lui, c’est la lune de miel et François Fillon  a bien l’intention d’accentuer son avantage.

Je vous glisse une info. Les Républicains sont en train de gérer leurs investitures pour les législatives et ils s’apprêtent à réserver quatre circonscriptions à des candidats de Sens Commun, cette association ultra-conservatrice et traditionaliste issue de la manif pour tous. C’est vous dire comme François Fillon a à cœur de garder dans son giron l’électorat catholique. Voilà pourquoi le FN montre des signes de fébrilité. Marine Le Pen est créditée autour de 30% d’intentions de vote, c’est beaucoup bien sûr mais ça ne sert à rien. Pour gagner, il faut 50 % plus une voix.