Quid du drame social de GM&S ?

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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L’équipementier GM&S, en très grande difficulté, a pour premier client le groupe PSA, groupe qui aujourd’hui se porte bien.

L'édito éco de Nicolas Barré, directeur de la rédaction des Echos. Bonjour Nicolas.

Des profits et des investissements en hausse, une dette en baisse : les indicateurs sur la santé des grandes entreprises françaises virent au vert. C’est une très bonne nouvelle : les bénéfices des groupes du CAC40 sont au plus haut depuis dix ans, près de 80 milliards d’euros l’an dernier. Ces grandes entreprises ont aussi fortement réduit leur endettement : elles ont effacé la crise de 2008 et sont même plus solides sur le plan financier, comme le montre une étude publiée aujourd’hui par les cabinets Ricol Lasteyrie et EY. Plus de bénéfices, moins de dette : ce sont les deux conditions clés qui permettent maintenant à ces entreprises de repartir de l’avant, d’investir, donc de créer des emplois.

On ne peut pas s’empêcher de rapprocher cette bonne santé avec les drames sociaux comme ce que vivent en ce moment les salariés de GM&S

Excellent cas d’école. L’équipementier GM&S, en très grande difficulté, a pour premier client le groupe PSA, groupe qui aujourd’hui se porte bien. Du coup, pour certains salariés de GM&S dont l’emploi est menacé, PSA est la cible idéale et ils bloquent une de ses usines en espérant ainsi faire pression. C’est vrai que PSA va beaucoup mieux aujourd’hui. Mais pourquoi ? Parce qu’il a restructuré son outil industriel et qu’il y a eu un gros effort des salariés sur l’organisation du travail, l’adaptation au carnet de commandes.

Résultat : PSA dégage des profits, il réinvestit, il sort de nouveaux modèles. Et il a repris les embauches. La leçon est simple : si PSA se porte bien aujourd’hui, c’est parce qu’il a pris des décisions difficiles hier.

Reconnaissez que ce discours est difficile à entendre quand vous perdez votre emploi

Mais il faut comprendre que sans la restructuration menée il y a plus de trois ans, même un groupe de la taille de PSA aurait pu faire faillite. Si, à l’époque, comme le font aujourd’hui certains salariés de GM&S, tout avait été bloqué, des dizaines de milliers d’emplois auraient été perdus. PSA ne recruterait pas aujourd’hui parce qu’il aurait sombré. Cette pédagogie est difficile à faire. Mais elle est indispensable, surtout en phase de reprise économique où le contraste entre des entreprises restructurées qui repartent et d’autres en difficulté est plus grand que jamais.