Brexit : vers une crise des "subprimes" bis ?

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La crise financière de 2008 revient comme le scénario de la suite du Brexit. L'engrenage de la crise immobilière est lancé, aux conséquences imprévisibles !

Le Brexit va-t-il être l’étincelle qui déclenche une crise financière, comme celle des subprimes en 2008? C’est la grande crainte du moment à Londres. Ce scénario noir hante la City et avec quelques bonnes raisons ?

Oui, une bonne raison en particulier: hier plusieurs fonds d’investissement londoniens ont gelé les retraits de leurs clients. Ils faisaient face à tellement de demandes de clients qui voulaient retirer leur argent qu’ils ont dit "stop, on ne peut plus vous rendre votre argent". Or c’est comme ça qu’a commencé la grande crise de 2008 : des clients se retrouvent soudain piégés, l’argent placé dans des fonds, comme des Sicav, ne peut plus être retiré. Et c’est l’engrenage.

C’est ce qui risque de se passer à cause du Brexit?

En l’occurrence, il s’agit de fonds qui ont investi l’argent de leurs clients dans l’immobilier. Or avec le Brexit, l’immobilier à Londres va souffrir parce que certaines firmes vont quitter Londres. Et donc oui, ça peut faire boule de neige : des investisseurs ne peuvent plus récupérer leur argent bloqué, ils paniquent, ils vendent ce qu’ils peuvent et c’est comme ça qu’on se retrouve avec une crise bancaire majeure. Plus personne n’a confiance.

Le Brexit pourrait avoir un effet de contagion…
L’effet de contagion, dans la finance, on connaît et ça va très vite. Les subprimes, rappelez-vous, c’était un petit marché de financement de l’immobilier en Californie et ça a déclenché une crise mondiale. Londres, la City, ce n’est pas un petit marché. Les dégâts peuvent être profonds et rapides. La Banque d’Angleterre, la banque centrale anglaise, a prévenu hier que (je cite) "les conséquences financières du Brexit ont commencé à se cristalliser". Ça veut dire tout simplement que l’on est à deux doigts d’une crise financière majeure. La banque centrale anglaise fera tout pour l’éviter. Mais même une banque centrale ne peut pas empêcher un tsunami s'il se produit.