Le PS face à un problème existentiel : trouver des idées ou se choisir un chef ?

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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Les socialistes tiendront samedi leur conseil national, afin de déterminer la date et les modalités de leur futur Congrès, a priori fixé pour avril prochain. 

Les socialistes sont face à un sacré problème. Un problème vieux comme le monde, et que des siècles de philosophie ne sont pas parvenus à résoudre ! Le problème dit "de l’œuf ou de la poule". Par quoi commencer pour se relever : l’œuf, c'est à dire produire de nouvelles idées, mais comment faire si personne ne les incarne ? Ou la poule, soit se choisir un nouveau leader, mais pour porter quoi s’il n’a réfléchi à rien ?

Une vielle recette. Les socialistes ont choisi une troisième voie, qui consiste à délaisser l’œuf et la poule et à regarder ailleurs. Résultat, que font-ils ? Comme d’hab ! Un Congrès, certes un petit peu repoussé, mais avec des motions, des courants, et un ou une chef élu(e) à la fin. Bref, presque les mêmes ingrédients qu’avant qu'Emmanuel Macron ne leur passe dessus, humilie le président sortant, balaie ses députés, siphonne ses élus, ses cadres, ses militants et ses électeurs.

Une grande remise à plat. En interne, certains avaient plaidé pour renverser la table. "Que l'on prenne du temps et que l'on tranche tout, point par point avec les militants", avaient-ils dit. Quels européens sommes-nous ? Devons-nous nous laisser enfermer dans le clivage pro-Européens/souverainistes tel qu'Emmanuel Macron nous l’impose? Comment repenser notre rapport au travail ? Que faire du revenu universel, idée phare du candidat Benoît Hamon qui a déserté le parti depuis ? Comment introduire concrètement la dimension écologique dans la nouvelle économie ? Les questions sont multiples, et si la gauche dite "de gouvernement" n’y apporte pas de réponse, elle ne se différencie en rien de ce qu’elle a déjà pu faire par le passé, et qui a été balayé. Ce n’est pas la solution qui a été choisie.

Les courants contestataires, talon d'Achille du PS. Un expert en la matière est venu leur rappeler hier, qu’ils avaient en plus un troisième problème, celui du renard dans le poulailler ! François Hollande a profité jeudi d’un hommage à Pierre Mauroy pour glisser qu’un parti n’était pas seulement un "outil de conquête du pouvoir" ou "un lieu de renouvellement des idées", encore faut-il qu’une fois l’idée acquise, "celle-ci ne soit pas contredite au sein même de l’organisation". Suivez son regard, vers les frondeurs qui n’ont cessé de remettre en cause son autorité, et donc sa légitimité pendant tout son quinquennat. L’ancien premier secrétaire du parti et ancien président de la République est-il le mieux placé pour leur infliger cette leçon ? Qu’importe, il est urgent que les socialistes écrivent l’an 1 de leur nouvelle histoire. Sauf à être inconscients que tout est mortel, surtout les vieux partis.