"Il y aurait eu des pratiques frauduleuses généralisées à la Fifa"

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Europe 1 vous repond est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Dans le cadre d'une enquête américaine, neuf inculpations et sept arrestations de responsables de la Fifa ont eu lieu mercredi.

Une enquête sur le "crime organisé russe" a permis aux États-Unis de remonter jusqu'à la Fifa, estime Pim Verschuuren, spécialiste de l'impact du sport dans les relations internationales et co-auteur de "Paris sportifs et corruption". Il réagissait jeudi sur Europe 1 au coup de filet qui a frappé la Fifa mercredi. Neuf inculpations et sept arrestations ont frappé l'organisation et une perquisition a même eu lieu à son siège. C'est le résultat de deux enquêtes, une menée par les États-Unis pour trucage, blanchiment et corruption et une du parquet fédéral suisse qui s'intéresse aux mondiaux 2018 et 2022 qui doivent se dérouler en Russie et au Qatar.

"On est très loin des terrains de foot". L'enquête américaine en cours, rappelle Pim Verschuuren, a au moins 20 ans et concernerait donc plusieurs coupes du monde, plus particulièrement "celle de 1998" et "celle de 2010". Les résultats de ces compétitions ne sont cependant pas à remettre en cause, "on parle de l'attribution, on est très loin des terrains". "24 personnes au sein du comité exécutif votent pour l'attribution des coupes du monde et visiblement, des pratiques frauduleuses se seraient généralisées à la Fifa", explique à Europe 1 Pim Verschuuren. Le spécialiste n'est cependant pas étonné car "cela fait des années qu'on parle de rumeurs et de scandales qui éclatent mais qui n'ont jamais été confirmé au niveau judiciaire".

La Fifa est "tentaculaire". La Fifa, "c'est plus que l'Onu", estime Pim Verschuuren. "Son pouvoir est de réguler le football à l'échelle planétaire mais aujourd'hui, c'est plus que ça avec 1,4 milliard d'euros de revenus annuels et des chefs d'Etat qui se mettent en quatre pour espérer avoir les coupes du monde sur leur territoire", explique le spécialiste pour qui la Fifa est "tentaculaire avec un pouvoir politique et financier". Mais "on n'est pas au bout de l'affaire", juge-t-il car les sponsors "vont peut-être faire pression".

Invité(s) : Pim Verschuuren, chercheur à l'Iris, spécialiste de l'impact du sport dans les relations internationales, co-auteur de "Paris sportifs et corruption" (Ed. Armand Colin)