Kinder Suprise : le groupe Ferrero ouvre une enquête sur les conditions d'assemblage en Roumanie

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Derrière le buzz est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Le tabloïd britannique The Sun jette le trouble sur l'assemblage des jouets Kinder Surprise en révélant qu'il serait réalisé par des enfants roumains rémunérés une misère par un sous-traitant.

Dans la presse internationale, un article du tabloïd britannique The Sun jette le trouble en Roumanie. Des enfants seraient exploités là-bas pour fabriquer le produit phare de la marque Ferrero: les oeufs Kinder.

Le scoop s’étalait cette semaine en Une du Tabloïd : les petites boîtes jaunes cachées dans le chocolat dont les enfants sont dingues seraient en fait fabriquées par de petits esclaves. On les voit dans leur cuisine en Roumanie avec leur maman, courbés sur des montagnes de jouets à assembler. Ils y passent 13 heures par jour pour un salaire honteux de 4,40 euros pour mille jouets assemblés. C’est atroce mais nous n’avons pas le choix, témoigne la famille, qui serait employée par un sous-traitant local du groupe Ferrero, non loin de la frontière avec la Hongrie. Panique en Italie, où la multinationale a aussitôt publié un communiqué disant son effarement. Une enquête a été ouverte depuis, à la fois par la multinationale et par la justice roumaine, pour faire le clair sur ces allégations.

Mais est-ce qu’on parle d’un système à grande échelle ?

Non clairement, le journal n’a rencontré en fait que deux familles, et seulement trois enfants que l’on voit sur les photos. La presse roumaine a retrouvé leur école, ils y vont tous les jours donc, non, Kinder n’exploite pas à une large échelle les enfants. Mais ce que révèle cette affaire est troublant, c’est le signe que la compagnie ne maîtrise pas tout à fait ses chaînes de production. Elle travaille avec des fournisseurs, qui eux-mêmes, sous-traitent localement. Ici, ce sous-traitant ferait travailler pour trois fois rien des gens désespérés, au chômage, sans le moindre contrôle de qualité des produits, qui sont quand même destinés à des enfants. À l’approche des fêtes, ça passe plutôt mal. Les enquêteurs roumains ont déjà entamé des poursuites, les enfants seront entendus par des psychologues. Dans une ambiance spéciale, rapporte la presse locale, plusieurs familles, même exploitées, comptent en fait sur ces maigres revenus. Pour rappel, Ferrero, qui possède aussi la marque Nutella, a vendu 1,5 milliard d’œufs Kinder l’an dernier. Son chiffre d’affaires dépasse huit milliards de dollars.