États-Unis : les différents instituts de sondage en total désaccord

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Derrière le buzz est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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À quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote, les pronostics sont très difficiles à suivre et les instituts de sondage s’écharpent.

À quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote, les pronostics sont très difficiles à suivre et les instituts de sondage s’écharpent.

Littéralement puisque l’on en voit même s’insulter sur Twitter : "ton modèle ne vaut rien, tais-toi, tes études sont partisanes". Imaginez l’Ifop et Rexecode en France se traiter publiquement de nuls, la veille de l’élection. Voilà où on en est ce matin. Tous s’accordent à donner l’avantage à Clinton dans le scrutin qui s’ouvre mais dans quelles proportions ? Certains voient sa victoire compromise tandis d’autres prédisent un raz-de-marée, rarement on a vu des données aussi disparates. Une étude de l’Emerson College, par exemple, publiée dans la nuit prédit un raz-de-marée pour Hillary Clinton, une victoire écrasante avec un nombre record de 323 grands électeurs, bien au-delà donc des 270 nécessaires à la victoire, même si la course serait serrée dans plusieurs États. Mais un autre institut juge l’hypothèse grotesque et donne à ce scénario moins de 3% de chance.

Quelle valeur ont ces sondages ?

C’est toute la question. L’Emerson collège compile la moyenne des sondages nationaux et des enquêtes locales, mais pas toutes. D’autres, introduisent l’histoire des précédents scrutins dans leur modèle, comme celui de Nate Silver, qui est vu comme le gourou des sondages puisqu’il avait prédit exactement les résultats dans tous les États, sauf un, en 2008 et en 2012. Lui parie également sur une victoire de Clinton, mais Donald Trump conserve, selon son modèle, 30% de chances, c’est beaucoup, de remporter la course.

Le New York Times n’est pas du tout d’accord, lui, agrège uniquement les différents sondages et ne donne qu’une chance sur six au républicain d’être élu. Les électeurs ne savent plus qui croire et Donald Trump exploite à fond cette faille. Il peut citer des chiffres toujours plus mirobolants puisqu’il existe forcément une étude qui lui donnera raison. Et ce petit monde s’écharpe sur les plateaux télé. L’un est accusé de trafiquer ses estimations pour maintenir le suspense, l’autre de négliger des données empiriques. La réalité, c’est qu’il y a trop d’inconnues pour se déterminer.

Par exemple ?

La plus importante : la participation. Ces sondages sont basés sur des intentions dans les États et cette campagne, vous le savez, a regorgé de rebondissements, jusqu’à la dernière minute. On sait ce matin que 200 millions d’Américains se sont enregistrés pour voter, c’est un record jamais atteint.