Ryanair : la fin d’un modèle ?

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque matin, Axel de Tarlé décrypte l'une des actualités économiques marquantes du jour.

Ryanair est confronté à des grèves massives qui mettent en danger son modèle.

En Allemagne, que l'on dit être le pays du consensus et du dialogue, la situation est franchement en train de dégénérer.
150 vols au départ et à destination du pays sont aujourd'hui annulés, soit plus d'un tiers du trafic.
La direction de Ryanair menace de représailles. Si la grève persiste, Ryanair promet de déménager ses bases Allemande en Pologne.

Ce conflit en Allemagne n'est qu'un apéritif aux vues de la grande grève européenne qui se prépare le 28 septembre, du jamais vu en 33 ans d'existence pour Ryanair.
Lorsque l’on voit ça, on se dit qu'Air France est une compagnie apaisée.

Que réclament les syndicats ?

Des conditions normales de travail, par exemple :
Les hôtesses et stewards ne sont payés qu'à partir du moment où l'avion commence à rouler. Avant, c'est cadeau.
Les pilotes sont autoentrepreneurs et n'ont pas de retraite ni de vacance. Ils doivent payer eux-mêmes leur formation et leur costume.
Ryanair a inventé ce modèle low-cost en Europe qui lui a merveilleusement réussi, elle est ainsi devenue la première compagnie européenne avec 130 millions de passagers avec 1,5 milliard d’euros de profits.
Mais voilà, ce modèle est aujourd'hui attaqué. D'abord parce que la concurrence a réagi puisqu’aujourd'hui, toutes les compagnies traditionnelles ont développé des modèles low-cost (Chez Air France, c'est Joon et Transavia).
À l'inverse, ce modèle spartiate de Ryanair s'effrite. Sur le plan fiscal tout d’abord, certains abus ont été sanctionnés par les États. Et voilà maintenant que le personnel se rebiffe et exige des augmentations.
Pour la direction c'est donc, une question de survie car c'est bien son modèle qui est attaqué. Elle se dit qu’il vaut mieux affronter une grève plutôt que d'augmenter les salaires.
On est donc à un moment clé dans l'histoire de Ryanair qui a révolutionné et démocratisé le transport aérien, mais avec des méthodes de flibustiers.