Macron veut s'attaquer au régime de retraite des cheminots

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Axel de tarlé vous parle économie est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Big-Bang en vue à la SNCF. Emmanuel Macron veut notamment s'attaquer au régime de retraite des cheminots. Un sujet à haut risque !

Rien de tel pour mobiliser les cheminots, mardi prochain, pour la manifestation contre la loi Travail. En fait, ce sont mêmes deux sujets, "chiffons rouges" qui ont été agités mercredi devant les cheminots : les retraites ET l'ouverture à la concurrence !

Les retraites tout d'abord. C'est un article du Monde qui a repris une vieille interview de juillet dernier, d'Emmanuel Macron, dans le journal interne de la SNCF Info-Mag, diffusé à plus de 80.000 exemplaires donc rien de confidentiel. Dans cette interview, Emmanuel Macron réitère sa promesse de supprimer les régimes spéciaux pour créer un grand régime de retraite unique, commun à tous les Français.

Aujourd'hui, les cheminots partent à la retraite à 57 ans, et 52 ans pour les roulants. "Soyons clair", dit Emmanuel Macron, "si nous ne réglons pas ce problème, ce sont vos enfants qui paieront". Aujourd'hui, ce régime spécial de la SNCF coûte chaque année 3,5 milliards d'euros à l'Etat. Ça, c'est le premier "chiffon rouge".

Mais, il y a aussi l'ouverture à la concurrence qui s'est invitée dans le débat. Hasard de calendrier : mercredi, deux sénateurs ont présenté leur proposition de loi sur l'ouverture au privé pour faire rouler des trains en France. C'est très concret, dans deux ans, les opérateurs privés - comme Transdev - ou d'autres pourront exploiter des lignes TER ou InterCité, un sacré choc en vue.   

Et alors ? Comment réagissent les syndicats ?

Ces deux chantiers sont connus, il n'y a rien de nouveau. Ce qui les agace, c'est qu'on leur présente ces réformes comme du donnant/donnant. Emmanuel Macron dit : "acceptez ces réformes, en Echange, l'Etat reprendra à sa charge l'énorme dette de la SNCF (plus de 50 milliards en tout). Sauf que les syndicats expliquent que cette dette, ce n'est pas la leur. C'est celle des politiques qui ont décidé de construire - à grand frais - un immense réseau TGV partout en France, des lignes parfois non rentables.

 En tous les cas, bien sûr, pour l'exécutif, le risque (avec ces deux chantiers), c'est bien de mobiliser les cheminots pour la manifestation de mardi prochain.