La leçon de libéralisme de Benjamin Griveaux sur l'affaire Castorama

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Benjamin Griveaux était, hier, l'invité du "Grand-Rendez-Vous" d'Europe 1.
Le porte-parole du gouvernement s'est livré à une "leçon de libéralisme" dans l'affaire Castorama.

Castorama est en train de délocaliser en Pologne toute sa comptabilité, soit plus de 500 emplois, ce qui inquiète les syndicats. À raison, puisqu'on le voit, ce n'est plus la production qui s'en va comme pour Whirlpool qui a délocalisé d'Amiens en Pologne.
Là, avec Castorama, c'est aussi la gestion qui part en Pologne et des emplois plus haut de gamme.
Interrogé sur Castorama, Benjamin Griveaux n'a même pas fait le service minimum. Le porte parole du gouvernement a estimé qu'il n'avait pas à "commenter le choix d'une entreprise privée".
Puis, il a enchainé sur la nécessité de monter en gamme et de faire de la formation pour que la France soit compétitive dans un monde où tout change très vite : les emplois comme les entreprises.
Mais, pas question de sermonner Castorama ou de convoquer son patron, quoiqu'en pense c'est un changement de doctrine notable.

D'autant que chez nos voisins c'est plutôt le contraire ! En Allemagne ou en Grande-Bretagne, le libéralisme (le laisser-faire) a moins la cote.

En Allemagne, le patron de Siemens, n'en fini pas de se faire fustiger suite à sa décision de supprimer 7.000 emplois soit 2% des effectifs.
La ministre de l'Économie lui a écrit pour protester tandis que Martin Schulz, le leader du SPD, dénonce un comportement anti-sociale.
Et les syndicats veulent faire grève.
Mais là où le tournant est le plus spectaculaire, c'est en Grande Bretagne. Le pays du libéralisme qui est justement en train d'operer un virage à 180 degrés. Suite aux difficultés de Theresa May, on commence à imaginer la victoire du très gauchiste Jeremy Corbyn, leader des travailliste, qui veut nationaliser les services publics, instaurer un contrôle des loyers, et qui vient de lancer aux banquiers de la City : "Vous avez raison d'avoir peur - je suis une menace pour vous".
Enfin, les banquiers ont peur et misent de plus en plus sur Paris !
Un patron d'une très grande banque européenne confiait la semaine dernière " Finalement avec le Brexit, on est en train de se raviser et on pourrait choisir Paris, pour y doubler nos effectifs".