La désindustrialisation se poursuit malgré 300.000 créations d'emplois en un an

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Axel de tarlé vous parle économie est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Il y a une forte création d'emplois, en France.  Sur un an, l'économie française a créé plus de 300.000 nouveaux emplois. Ce sont les meilleurs chiffres depuis plus de 15 ans !

Il faut remonter au début des années 2000 pour retrouver de tel chiffre. C'est un vrai retournement, depuis près de trois ans maintenant : l'économie française ne perd plus d'emplois, et - au contraire - les créations s'accélèrent (et dépassent largement les destructions).

Comment s'explique cette performance ?

Tout d'abord, par la politique de baisse de charge, initiée par François Hollande qui commence à porter ses fruits. Et puis aussi par la reprise économique. Cette année, on attend 1,6 % de croissance en France, le meilleur chiffre depuis six ans. Voilà pour la bonne nouvelle, car malheureusement, il y un "MAIS" derrière ces bons chiffres.

Si on regarde (maintenant) dans le détail des créations d'emplois. Par secteur. 

Ou crée-t-on des emplois, et surtout où n'en crée-t-on pas. Malheureusement, on en crée beaucoup, dans l'hôtellerie-restauration, par exemple, (tant mieux), 39.000 emplois sur an. Mais beaucoup sont des emplois précaires. En revanche dans l'industrie, nous continuons d'en perdre (même si c'était pire avant). Moins 13.500 sur un an. En 15 ans, l'industrie française a perdu un million d'emplois.

En forçant un peu le trait, on pourrait dire que la France en train de devenir ce que les Allemands appellent - avec un peu de dédain - "un pays du Club Med". Un pays où l'on consomme, mais pas un pays où l'on produit. C'est d'ailleurs devenu une réalité. Il nous faut maintenant importer ce que nous consommons : Nous importons des voitures, des ordinateurs, des vêtements. C'est donc un appauvrissement du pays que traduit ce déficit commercial abyssal de la France, déjà plus de 40 milliards depuis le début de l'année.

Mais les gouvernements mènent des politiques de compétitivité (en faveur des entreprises). Ça ne paye pas ?

Si, soyons optimistes. Car ce problème de désindustrialisation est parfaitement identifié. Si bien qu'à droite, comme à gauche, on mène, on assume, des politiques de compétitivité, en faveur des entreprises, de l'industrie. "Compétitivité", un mot qui était taboo, il y a dix ans. Et qui fait aujourd'hui l'objet d'un consensus droite-gauche. Donc, oui, gageons que tout cela finira par payer.