Internet : nos PME sont à la traîne

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Le retard dramatique de nos PME-TPE en matière d'Internet. Des millions de "petits patrons" travaillent encore au papier et au crayon.

On se gargarise de French Tech, d'intelligence artificielle et d'industrie 4.0 mais, si on regarde la réalité de nos petites entreprises, c'est le désert numérique.
L'Insee a publié ce mercredi une étude sur les entreprises de moins de 10 salariés. On parle là quand même de 2,5 millions d'artisans, commerçants, restaurateurs, hôteliers ou transporteurs.
Près d'une entreprise sur cinq ne possède même pas d'ordinateur ou d'accès Internet. Seul, un tiers possède un site web qui présente leur activité en ligne.
Si vous montez en taille avec les PME de moins de 250 salariés, là aussi, on est très en retard. Selon une étude de la Commission Européenne, nous sommes 16e en Europe.
Par exemple, un peu moins de 16% de nos PME offrent la possibilité de commander en ligne contre 20% en Espagne.

Comment expliquer cette timidité de nos petits patrons sur Internet ?

Les réponses fusent.
1/ "Internet c'est trop compliqué. Je ne suis pas ingénieur !"
2/ "Internet, ça prend trop de temps. Je suis déjà le nez dans le guidon !"
3/ Et puis et c'est ça le plus grave, 47 % des petits patrons ne voient pas l’intérêt d'une présence en ligne. Beaucoup affirment que leur marchandise, ce qu'ils ont à vendre, n'est pas adapté au web.
Avec au passage une légère contradiction puisque nombre d'entre eux achètent volontiers des fournitures sur Internet.
Mais n'imagine donc pas que l’on puisse vouloir faire la même chose avec eux et commander en ligne leur produit ou leur prestation.

Pourtant, on sait que les ventes décollent dès qu'une entreprise est présente sur le web.

Les exemples abondent.
Un Opticien, par exemple, qui crée un site web avec des photos de ses montures. Du coup, il se retrouve du jour au lendemain sur Google avec, à la clé, des ventes qui augmentent de 50%.
Un fleuriste qui affiche ses bouquets en ligne voit ses commandes grimper de 30 à 40%.
On le voit donc, il y a un gros travaille de pédagogie pour expliquer et rassurer. Mounir Mahjoubi, le secrétaire d'État au numérique, a d’ailleurs lancé des programmes de formations pour les PME. Mais, il y a du boulot à commencer d'ailleurs tout simplement par installer une bonne connexion Internet partout en France.