Brexit : le début du désastre ?

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Le Royaume Uni revoit drastiquement à la baisse ses prévisions de croissance pour les quatre prochaines années.
Le Brexit commence à ressembler à un désastre !

Ce mercredi, le gouvernement britannique a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2018, 2019, 2020 et 2021. Ce sera finalement moins de 1,5.
La Grande Bretagne, qui était la championne de la croissance, s'est sabordée. C'est devenue l'économie la plus lente de l'Union Européenne.

Techniquement, le Brexit n'aura pas lieu avant le 29 mars 2019. Comment expliquer cette chute de l'économie britannique ?

Les entreprises n'investissent plus tant elles sont dans le brouillard complet sur ce qui va se passer, sur les relations commerciales avec le continent.
Les ménages ne consomment plus car, avec la chute de la Livre Sterling, les prix se sont envolés ce qui a cassé le pouvoir d'achat.
Il n’y a donc plus de consommation, plus d'investissement et plus grave encore, plus d'influence.
Le double départ de l'agence du médicament pour Amsterdam et de l'autorité bancaire pour Paris est en train de créer un traumatisme en Grande Bretagne.
Le Financial Times écrit : "On voit là concrètement ce qui va se passer après 2019 : Nous ne serons plus présent à la table des négociations, là ou vont se décider les futures règles européennes".
En clair : la City (première place financière européenne) n'aura plus son mot au dire et devra se plier à des règles écrites par d'autres (les Français et les Allemands).
C’est une sacrée claque donc, oui, ça commence à ressembler à un désastre.
D'autant que cette chute de l'économie aggrave tous les problèmes latents du pays, comme l'hôpital public désargenté et qui a plus de mal à faire venir des aides soignants du continent.

Et pourtant, il y a au moins un aspect positif dans cette déroute ?

Ce sabordage britannique aura au moins un mérite, celui de redorer le blason de l'Union Européenne.
On disait "si les Anglais s'en vont, il y aura un effet Domino et d'autres pays vont partir".
Finalement pas du tout, au contraire. Vu le désastre britannique, la cote de popularité de l'Union Européenne remonte en flèche partout en Europe avec notamment une augmentation de 18 Points en France et en Allemagne, selon la dernière enquête du Pew Research.
Et elle remontent même en Grande-Bretagne avec 54% d'opinion positive même si c'est un peu tard.