30 mars 1842 : première utilisation de l’éther pour anesthésier aux États-Unis

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Aujourd'hui dans l'histoire est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Franck Ferrand nous fait revivre l'histoire à travers les évènements qui ont marqué la date du jour.

Nous sommes le 30 mars 2017, mais en quel 30 mars partons-nous ?

Le 30 mars 1842, aux États-Unis. Un médecin, le Dr Crawford Long, doit opérer un patient d’une tumeur au cou. Pour que le patient souffre moins, il va utiliser de l’éther et l’anesthésier. On peut parler des tout débuts de l’anesthésie moderne.

Comment faisait-on avant cela ?

C’est toute la question ! On a parfois tendance à croire que nos ancêtres opéraient à vif, sans faire cas de la douleur du patient. Ce n’est pas tout à fait vrai. On utilise, depuis Hippocrate (Ve siècle avant JC), les vertus analgésiques de certaines plantes, comme la mandragore ou le pavot, par exemple. On faisait aussi boire le patient. Le grand chirurgien du XVIe siècle, Ambroise Paré, utilisait de l’alcool et de l’opium. Plus tard, au XVIIIe siècle, le chimiste Joseph Priestley isole un gaz euphorisant, le protoxyde d’azote, mieux connu sous le nom de "gaz hilarant". Problème : on l’accuse de sorcellerie ! Ce gaz sera bien utilisé, mais dans les cirques itinérants et pour fabriquer de la crème chantilly. Bref : il faut attendre le XIXe pour enfin s’en servir comme anesthésique.

C’est donc le Dr Long qui va révolutionner la discipline ?

Oui, avec l’éther. Par la suite, un dentiste, Horace Wells, redécouvre le gaz hilarant. Il l’essaye d’abord sur lui-même, en s’arrachant une dent après en avoir inhalé. C’est un succès, il l’applique donc à ses patients, ravis. Mais lors d’une présentation de sa technique au Massachussets general Hospital, l’étudiant volontaire se plaint de douleurs pendant l’arrachage de dent. Wells est hué, conspué, puis discrédité. L’étudiant avouera plus tard qu’il n’avait pas eu si mal que ça… Ensuite, Wells s’intéresse au chloroforme mais en devient dépendant et sera jeté en prison pour avoir agressé deux prostituées sous l’emprise du chloroforme. Aujourd’hui, une statue est érigée à sa mémoire à Hartford, dans le Connecticut.