Le câlin, c'est bon pour la santé

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Dimanche, ce sera la journée mondiale des câlins. Et le câlin, ce n'est pas quelque chose qu'il faut prendre à la légère.

Vendredi, vous nous parlez d'amour !

Et aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi, j’ai très envie de vous parler de "corps-à-corps". C’est aussi comme cela que l’on développe sa personne. Mais attention, de corps-à-corps plutôt chaste et sans arrière-pensée. En fait, il s’agit même plutôt de "cœur à cœur" puisque dimanche, je vous l’annonce, c’est la journée mondiale des câlins. Oui alors, j’en vois déjà qui ricanent (et vraiment en plus d’être moche, c’est surtout triste quelqu’un qui ricane, parce que ça dit beaucoup de sa capacité d’émerveillement, visiblement dans un Etat proche de l’Ohio). Alors histoire d’éloigner d’entrée de jeu les esprits chafouins et les langues de flûtes qui nous polluent l’air, j’ai une arme de séduction massive !

Mais oui, le câlin, ça ne coûte rien et ça fait du bien ! Bien plus qu’un like sur votre post Instagram, croyez-moi. Parce que d’un point de vue biologique ou neurobiologique, le contact physique tel qu’une caresse par exemple, libère un surplus d’ocytocine, cette hormone dite du "bonheur" que notre corps reconnaît puisqu’elle est surtout sécrétée durant les rapports sexuels ou pendant l’allaitement. Sa grande force, à l’ocytocine, c’est qu’elle déstresse. Ceux qui ont un chat, un chien, une belette, et qui pratiquent la "ronronthérapie", ces câlins (en tout bien tout honneur) avec un animal, le savent bien puisque c’est ce bien-être qu’ils vont chercher dans ce contact.

Alors dimanche donc, je vous invite à faire des câlins à vos proches pour prendre le pli, et poursuivre lundi, mardi, mercredi… Parce que si l’on en croît la psychologue américaine Virginia Satir (la bien-nommée), nous aurions besoin de quatre câlins par jour pour survivre, de huit pour fonctionner, et de douze pour croître. Oui, faites le compte, je sais pas à combien vous en êtes par jour de votre côté, mais je me dis qu’on est sûrement un certain nombre dans un sale état !

Qu’est-ce qui fait un bon câlin ?

Le temps ! Pour ce qui est d’un câlin à un enfant, je vous avais déjà parlé dans "Antidote" de cette thérapeute qui répète que la durée idéale d’un câlin, c’est l’enfant qui nous la montre. Que l’enfant vient se recharger au creux des bras de l’adulte, et que c’est l’enfant qui quitte ces bras-là, quand bon lui semble, au bout de trois secondes ou de dix minutes ! Pour ce qui est d’un câlin entre adultes, entre conjoints, entre amis, entre membres adultes de la famille, pour que vraiment le câlin joue son rôle de booster, de bien-être, et nous aide à faire baisser notre niveau de stress, le docteur suédois en psychologie Jan Astrom nous dit qu’il faudrait rester scotchés dix secondes ! Sauf que la réalité est tout autre ! En vérité, nous n’atteignons pas du tout ce chrono, puisque quand nous nous donnons le temps de donner ou de recevoir un câlin, nous y consacrons… trois secondes !

Et, trois secondes, c’est à peu près ce qu’il m’a fallu pour louper mon permis de conduire une deuxième fois il y a des années, où, arrivée à un stop, je m’étais arrêtée, mais au point mort, avais tout de suite repassé la première, toujours à l’arrêt. Cette bourrique d’inspectrice avait repris le levier de vitesse en me disant : "Quand on s’arrête à un stop, on compte 1 et 2 et 3 et on passe la première." Bon, là, je dois vous avouer que tout ce qui m’est passé par la tête à ce moment n’était pas très "développement personnel". J’avais envie de lui faire tout un tas de truc très éloigné du câlin, relevant plutôt de la brûlure indienne ou du krav-maga. Alors si trois secondes peuvent suffire à vous faire repasser le permis, imaginez ce que dix secondes de câlins cœur contre cœur avec vos bien-aimés peuvent vous apporter ?