Et si le Congrès lançait une procédure de destitution contre Donald Trump ?

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American Breakfast est une chronique de l'émission Europe 1 Week end
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Le milliardaire prêtera serment le 20 janvier prochain mais son mandat pourrait bien réserver des surprises.

En ce 1er jour de l’année, on va tacher de se projeter dans la première année de mandat de Donald Trump parce qu’il va officiellement devenir président des Etats-Unis le 20 janvier.

Serment. Ce sera la première image de Donald Trump président : le milliardaire, prêtant serment la main sur la Bible sur les marches du Capitole devant la foule à Washington. Il dira les mêmes mots que les 44 présidents des Etats-Unis qui l'ont précédé, ceux qu’a prononcés deux fois Barack Obama : "Je préserverai, protégerai et défendrai / la Constitution des États-Unis… / que Dieu me vienne en aide…"

Manifestations anti Trump. Ça c’est pour la tradition car ce qu’il faudra surveiller cette année, c'est ce qui se passera autour des cérémonies. On attend à Washington des centaines de milliers de manifestants anti-Trump. Un collectif appelle à "perturber" l’investiture le 20 janvier, mot d’ordre relayé notamment par le cinéaste Michael Moore. Il faudra aussi regarder le lendemain combien de personnes participeront à ce qui a été baptisé la "Marche du million de femmes" contre Trump.

A la Maison-Blanche. Après cette investiture, mouvementée ou non, Donald Trump se mettra au travail. Il s’installera à la Maison-Blanche, seul au début puisque sa femme Melania veut rester à New York pour éviter à leur fils Barron de changer d’école en cours d’année. Il signera dans le bureau ovale ses premières décisions. Elles devraient concerner ses principales promesses de campagne.

C’est peut-être sur Twitter qu’il annoncera la pose de la première pierre de son fameux "mur" à la frontière mexicaine. On va enfin savoir, en 2017, quel est son "plan secret" pour "écraser" l’État islamique. Il refusait de le dévoiler pendant la campagne, "pour ne pas prévenir l’ennemi". Sur la Syrie, il devrait d’ailleurs s’entendre avec la Russie de Vladimir Poutine. On attend d'ailleurs de voir la première rencontre entre Donald Trump et le président russe. Il s'agira d'une image forte là aussi de l’an I de la présidence Trump.

Avec Poutine. Le milliardaire et l’ancien agent du KGB ont dit publiquement du bien l’un de l’autre. Je vous rappelle que Vladimir Poutine est soupçonné par la CIA d’avoir organisé le piratage informatique de la campagne pour favoriser Donald Trump. Ils se sont déjà parlé au téléphone et ils ont promis de se rencontrer rapidement. Ils veulent, disent-ils, "renouveler la relation Washington-Moscou". Aucune date n’a été fixée, ça sera sans doute assez tôt dans l’année et au plus tard lors du prochain G20 en juillet en Allemagne. Sur la photo de famille, avec Vladimir Poutine et Donald Trump, il devrait aussi y avoir le prochain président français, fraîchement élu.

Peut-on s’attendre à des surprises en 2017 ?

Toujours avec Donald Trump à moins que sa bonne résolution, cette année, soit de devenir prévisible. Mais la plus grosse surprise pourrait ne pas venir de lui : le Congrès pourrait lancer une procédure de destitution contre Donald Trump, ça s’appelle l'"impeachment", c’est un des pouvoirs des parlementaires américains qui ont essayé par exemple de destituer Bill Clinton en son temps.

Pour Donald Trump, toutes les conditions sont réunies, estiment certains experts. Il a trop de conflits d’intérêts avec son empire immobilier, même s’il a promis de les régler. Même Alan Lichtman en parle, c’est le fameux professeur de sciences politiques qui a pronostiqué la victoire de Donald Trump. Son système de prévisions lui a permis de prédire les résultats des 8 dernières élections présidentielles alors il est évidemment écouté désormais comme un oracle.

"Cette fois, c’est une prédiction de mon instinct. Il y a de très fortes chances que Donald Trump affronte une procédure de destitution. D'abord parce que toute sa vie Donald Trump a pris des libertés avec la loi, par exemple, il a utilisé sa fondation caritative pour régler ses dettes personnelles, et ensuite parce que les Républicains, qui contrôlent le Congrès, sont nerveux.

Donald Trump est un électron libre, il ne peut pas être contrôlé. Les Républicains préféreraient largement avoir Mike Pence, le vice-président, un conservateur sans surprises et totalement prévisible.