Vivarte : un plan social et un parachute doré pour l'ex-patron

  • A
  • A
Vivarte : un plan social et un parachute doré pour l'ex-patron
@ DAMIEN MEYER / AFP
Partagez sur :

POLÉMIQUE - Marc Lelandais, remercié en octobre en raison d'un bilan contesté, est parti avec plus de 3 millions d'euros. Alors même que l'entreprise va supprimer 1.600 emplois.

Le contraste est saisissant : alors que le groupe Vivarte, maison-mère de nombreuses enseignes (La Halle!, André, Naf Naf, Kookaï, Minelli, Mosquitos, etc.), a annoncé mardi un vaste plan social, synonyme de 1.600 suppressions d'emplois, on apprenait dans le même temps que son ex-patron est parti avec un chèque de 3,075 millions d'euros. Un parachute doré qui fait polémique, même si l'intéressé dément le terme, car le bilan de ce dernier est plus que contesté.

Un cadeau de départ de 3,075 millions d'euros. Marc Lelandais, à la tête de Vivarte depuis l'été 2012, a été poussé vers le départ en octobre 2014. Il faut dire que la stratégie menée par cet ancien dirigeant de la maison de luxe Lancel n'a pas porté ses fruits : le groupe, historiquement positionné sur des produits à bas prix, a dépensé plusieurs dizaines de millions d'euros pour monter en gamme. Et les prix ont grimpé en moyenne de 30%. Résultat, la clientèle traditionnelle du groupe, plutôt populaire, a déserté les rayons sans qu'une autre clientèle n'afflue dans ses magasins. Marc Lelandais a donc été remercié en octobre 2014, mais n'est pas parti les poches vides : il a empoché 3,075 millions d'euros.

billets argent illustration 1280

© AFP

L'ex-Pdg conteste le terme de "parachute doré". Une fois ce chiffre rendu public, Marc Lelandais n'a pas tardé à sortir du silence et à contester - indirectement - ces chiffres auprès d'Europe 1. "Les chiffres sur d'éventuelles conditions de mon départ de la présidence du groupe Vivarte sont faux. (...) Le document présenté est erroné et ne correspond pas à mes indemnités de départ", a-t-il assuré dans un communiqué, avant de hausser le ton : "devant un tel procédé et de telles méthodes je me réserve le droit de rétablir la vérité par toutes voies légales".

Si on se penche sur ces chiffres, il est effectivement faux de parler d'un parachute doré de plus de 3 millions d'euros : il n'est "que" de 2,075 millions d'euros. Selon l'accord signé le 29 octobre 2014 avec la direction de Vivarte, Marc Lelandais a touché "un bonus pour restructuration d'un montant de 1 million d'euros, auquel s'ajoute une indemnité de sortie de 1 million d'euros, selon les termes prévus dans son contrat d'embauche de juillet 2012, ainsi que 1,075 millions d'euros pour solde de tout compte", détaille Le Parisien. Le million d'euros touchés pour avoir mené à bien la restructuration du groupe n'est en effet pas une indemnité de départ, le reste oui.

Cette restructuration est d'ailleurs l'un des rares succès qui peuvent lui être attribués. "J'ai mené avec succès la restructuration financière de ce groupe qui a conduit à l'annulation de deux milliards de dettes et l'apport sous la contrainte d'une procédure de conciliation de 500 millions de cash et ai dû le quitter suite à de fortes divergences de méthodes avec les fonds créanciers devenus actionnaires, notamment sur la rémunération excessive du conseil d'administration qu'ils entendaient constituer", souligne d'ailleurs l'ex-Pdg.

07.04.Halle.aux.vetements.textile.FRED TANNEAU.AFP.1280.640

© FRED TANNEAU/AFP

Pendant ce temps , les enseignes du groupe Vivarte entament un régime sec. Si Marc Le Landais a réussi à régler le problème de la dette du groupe, il n'en demeure pas moins qu'il a laissé une entreprise en mauvais état. Résultat, Vivarte a annoncé mardi 1.520 suppressions de postes et 174 fermetures de magasins (voire 23 supplémentaires) chez La Halle !, ainsi que 105 suppressions de postes et 37 fermetures de magasins chez André.

"Marc Lelandais est en partie responsable de la situation actuelle, avec 1.600 salariés qui perdent leur emploi, une entreprise dévastée et un groupe qui, suite au passage de Lelandais, se retrouve ruiné en immobilier. Et lui s'est rincé pleinement sur cette misère. Donc un écœurement total", a réagi sur Europe 1 Jean-Louis Alfred, délégué CFDT au sein du groupe.

>> LIRE AUSSI - La Halle-André : chronique d’un naufrage

>> LIRE AUSSI - Et si on supprimait les retraites chapeaux ?

>> LIRE AUSSI - Limiter les "golden hello", c'est possible ?