Conférence sociale : un grand raout pour pas grand-chose ?

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Conférence sociale : un grand raout pour pas grand-chose ?
Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez ne sera pas au rendez-vous de la Conférence sociale. Embarassant pour un rendez-vous censé vanter le dialogue social.@ THOMAS SAMSON / AFP
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ZOOM - Aucune avancée n’est attendue de la conférence sociale qui débute lundi. D’abord en raison de l’absence de la CGT, ensuite à cause d’une actualité sociale tendue.

Depuis son arrivée au pouvoir, François Hollande a formalisé le dialogue social en organisant chaque année une conférence sociale : un rendez-vous réunissant syndicats, patronat et gouvernement pour évoquer les dossiers qui relèvent des partenaires sociaux. Sauf que l’édition 2015 risque de tourner à vide à cause d’une actualité marquée par le conflit chez Air France, illustration d’un dialogue social encore compliqué.

Un bilan annuel du dialogue social. François Hollande doit ouvrir la quatrième conférence sociale lundi matin au palais d'Iéna, à Paris, siège du Conseil économique, social et environnemental. Au programme : discours présidentiel, tables rondes sur les trois thèmes retenus cette année (les emplois liés à la transition énergétique, les nouvelles formes de travail engendrées par le numérique et le Compte personnel d'activité), et discours de clôture de Manuel Valls pour tracer l'agenda social des mois à venir.

Un message brouillé par l’actualité. Mais ce rendez-vous ne va pas se dérouler comme le gouvernement l’espérait. D’abord parce que le premier syndicat de France, la CGT, a décidé de boycotter la réunion, estimant que le gouvernement a permis "une succession de lois de régression sociale". Ensuite parce que les négociations en cours chez Air France ont montré que le dialogue social est actuellement loin d’être apaisé.

François Hollande va donc s’attacher à répéter que le dialogue social est le préalable nécessaire à toute réforme réussie. Ce qu’il a déjà commencé à faire lundi matin sur RTL : "nous devons vivre dans une société apaisée. Il y a toujours des conflits, toujours des confrontations, toujours des intérêts qui sont divergents. Comment les surmonte-t-on ? Par la violence ? Sûrement pas. Par de l'apaisement, donc par le dialogue".

Les retraites complémentaires, le contre-exemple ? Pour vanter les mérites du dialogue social et montrer que l’efficacité de la méthode gouvernementale, François Hollande tenait à mettre en avant un contre-exemple. C’est d’ailleurs pour cela que l'Elysée et Matignon ont été très actifs en coulisses, vendredi dans la négociation entre le patronat et les syndicats sur les retraites complémentaires. Malgré des négociations mal parties, le gouvernement a tout fait pour qu’un accord soit trouvé afin que le chef de l'Etat puisse arriver lundi devant les participants à la Conférence sociale avec la démonstration que le dialogue social n'est pas mort. Un message qui devrait être martelé tout à au long de la journée.