Stock-options : la juteuse opération de Muriel Pénicaud chez Danone

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Selon l'Humanité, la ministre du Travail aurait profité de l'annonce de la suppression de 900 emplois dans le groupe dont elle dirigeait les ressources humaines, en 2013, pour réaliser une importante plus-value boursière.

En plein lancement de la réforme du code du Travail, les révélations tombent mal pour Muriel Pénicaud. Selon l'Humanité, l'actuelle ministre du Travail aurait réalisé en 2013 une importante plus-value boursière alors qu'elle était directrice générale des ressources humaines chez Danone, à la faveur de l'annonce de la suppression de 900 emplois, qui avait fait bondir le cours de l'action du groupe. Une pratique pas illégale mais jugée "scandaleuse" par les représentants syndicaux.

Une plus-value de plus d'un million d'euros. Les faits remontent à 2013. Selon les comptes officiels de Danone, consultés par l'Humanité, Muriel Pénicaud a choisi, le 30 avril de cette année, d'acquérir un lot de 55.120 actions pour 34,85 euros pièce, selon le principe des "stock-options" réservées aux dirigeants. Le prix de ces actions lui était garanti depuis quatre ans et avait été fixé en pleine crise financière, en 2009. La directrice a donc pu acquérir ses actions "bien en-dessous du cours de l'action ce jour-là", selon le quotidien, avant de les revendre "aussitôt pour l'essentiel, à 58,41 euros l'unité", réalisant au passage une plus-value d'environ 1,129 million d'euros.

Un timing étudié, selon les syndicats. Les critiques résident dans l'explication du cours élevé auquel la ministre a pu revendre ses actions, après les avoir achetées à un prix très bas. L'annonce, quelques jours avant l'opération de Muriel Pénicaud, de la suppression de 900 emplois de cadres chez Danone - dont 230 en France - avait en effet fait bondir le cours de l'action du groupe. "Ce n'est pas unique, toutes les restructurations visent à ça", déplore Jocelyne Hacquemand, secrétaire de la fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT, interrogée par Europe 1.

"Des raisons de rentabilité financière à court terme". "Danone se portait très, très bien. C'est uniquement pour des raisons de rentabilité financière à court terme que ces emplois ont été supprimés", poursuit la représentante. "Dans tous les plans de restructuration, les trois quarts des gens se retrouvent sur le carreau… (...) C'est inacceptable. En plus elle est ministre du Travail et elle veut réformer 120 ans d'acquis sociaux, ce qu'Emmanuel Macron appelle 'la modernité'. On ne pourra jamais avaler les arguments qu'elle essaie de nous vendre." Sollicité par Europe 1, l'entourage de la ministre indique que la levée des "stock-options" de Muriel Pénicaud n'avait, en 2013, rien à voir avec l'annonce du plan de départ.


"De la désinformation" pour Muriel Pénicaud

Interrogée par la présidente du groupe Communiste, républicain et citoyen au Sénat jeudi, Muriel Pénicaud a réagi aux révélations de l'Humanité. "Nous sommes ici pour fabriquer la loi, et pas pour faire de la démagogie ou de la désinformation sur des faits ou des personnes, en l’occurrence moi", a répondu la ministre. "Chacun est libre d'apprécier un niveau de rémunération", a-t-elle poursuivi, ajoutant que le niveau de ses stock-options avait été décidé "des années avant le plan de départ volontaire."