Royal enterre (encore) l'écotaxe, les routiers arrêtent leur grève

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Royal enterre (encore) l'écotaxe, les routiers arrêtent leur grève
@ Reuters
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DOUBLE RECUL - Les transporteurs routiers ont eu raison de toutes les taxes poids lourds : la ministre de l’Écologie annoncé sa suspension "sine die".

Ni écotaxe, ni péage transit poids lourds. Les transporteurs routiers ont eu raison des deux systèmes, censés faire contribuer les poids lourds au financement des infrastructures routières. La ministre de l’Écologie a en effet annoncé jeudi qu'elle suspendait "sine die", c'est à dire pour une durée indéterminée, ces dispositifs. En réaction, les transporteurs routiers ont dans la foulée annoncé qu'ils renonçait à leur mouvement de grève.

"Ségolène Royal et Alain Vidalies, après avoir échangé avec les responsables des fédérations professionnelles de transport routier, prennent acte des difficultés de mise en œuvre de l'écotaxe, y compris dans la phase d'expérimentation", déclarent la ministre et le secrétaire d'Etat aux Transports dans un communiqué.

Un nouveau recul. Il s'agit de la deuxième fois que le gouvernement cède aux transporteurs. L'écotaxe, dans premier temps, devait taxer tous les camions de plus de 3,5 tonnes circulant sur les routes non payantes, soit plus de 15.000 kilomètres de réseau. Face à la grogne, le gouvernement avait présenté cet été une formule rénovée, pour une version réduite, qui ne devait concerner que 4.000 kilomètres de bitume. Le premier dispositif devait rapporter 800 millions d'euros, le second 500 millions.

Et maintenant ? "Nous avons décidé, premièrement, de suspendre sine die le dispositif d'écotaxe, deuxièmement de créer un groupe de travail (...) troisièmement, d'intensifier la recherche de solutions sur la situation économique et sociale globale du secteur", a indiqué Ségolène Royal à l'issue d'une rencontre avec les transporteurs, qui a duré toute la matinée au ministère.

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"Suspension sine die", un jeu avec les mots. L'expression "sine die" peut intriguer car elle ressemble fort à une suppression pure et simple. Mais le choix des mots à son importance : le précédent gouvernement avait confié la gestion et la collecte de cette taxe à une entreprise privée, Ecomouv'. Or, le contrat prévoit qu'elle reçoive environ un milliards d'euros de dédommagement si l'écotaxe était supprimée. En attendant de trouver un accord avec Ecomouv, il n'est donc question que de "suspension".