Les transporteurs menacent (encore) de bloquer les routes

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Les transporteurs menacent (encore) de bloquer les routes
@ Maxppp
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RÉCAPITULATIF - Qu’est-ce que le péage transit ? Pourquoi les transporteurs menacent d’une grève ?

Les chauffeurs routiers ont grogné en 2013, ils vont re-grogner en 2014. Et ce n’est plus l’écotaxe qui les fait bondir mais le "péage de transit poids lourds". Expérimenté depuis le 1er octobre, le système devrait être appliqué à partir des premiers mois de 2015, a prévenu le gouvernement. Mais les transporteurs ne l’entendent pas de cette oreille et appellent à la grève à partir du 17 octobre. 

Le péage transit, c’est quoi ? On a beaucoup entendu parler de l’écotaxe mais moins du péage transit, son remplaçant. Dans ce nouveau dispositif, les camions de plus de 3,5 tonnes seront équipés de GPS qui calculent les distances parcourues. Le transporteur devra verser 13 centimes par kilomètre. En cas d’infraction, il encourt 750 euros d’amende. Les véhicules militaires et agricoles sont épargnés.

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La montagne qui accouche d’une souris. Alors que l’écotaxe était présente sur 15.000 kilomètres dont les autoroutes, le péage transit ne concerne plus que 4.000 kilomètres de routes nationales. Il faut y rajouter 300 kilomètres de routes locales, afin d’éviter le report des camions sur des réseaux secondaires. Selon une source ministérielle citée par Ouest-France, le dispositif touchera entre autres la RN4 entre Paris et l’est de la France, la RN10 entre Bordeaux et Poitiers et l’axe Saint-Lô-Nantes.

A quoi ça sert ? L‘argent du péage transit est destiné à l’entretien des routes. Mardi, la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal l’a redit sur France Info : "Il est justifié que des camions de transit paient l'usage des routes qui sont abîmées par eux et qu'il faut réparer. Ça n'a pas à peser sur le contribuable national".

Les transporteurs le rejettent. Les transporteurs ne veulent pas se faire berner. Écotaxe et péage transit, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. L’Organisation des transporteurs routiers européens (ORTE) annonce dans un communiqué que "l’ensemble des professionnels du transport routier de marchandises est contre l’écotaxe et les dernières tentatives de soin palliatif du gouvernement par le biais de la phase d’expérimentation ont fait long feu". 

ecotaxe alsace

"Un coût de 50.000 euros par mois". Laurent Galle dirige l’entreprise Noblet, située en Île-de-France. Il redoute l’application du péage transit : "Dans ma région, 900 kilomètres de routes seraient concernées. J’ai 60 camions. A 800 euros par mois et par camion, ça fait un surcoût mensuel de 50.000 euros". Ce n’est pas tenable pour lui. Il explique à Europe 1 que "le système du péage de transit est injuste car il ne touche pas les camions étrangers qui empruntent les autoroutes et  il n’est pas réparti équitablement sur le territoire". 

L’ORTE milite donc pour un système de vignettes applicable aux camions français et étrangers. Laurent Galle ajoute que les transporteurs « versent déjà une taxe dite ‘à l’essieu’ qui sert à financer l’état des routes ». 

Des routes bloquées le 17 octobre ? L’ORTE donne donc jusqu’au 15 octobre au gouvernement pour réviser sa copie. A partir du 17 octobre, elle "ne garantit pas de l’exaspération des transporteurs français". Au programme, grève, manifestation et possibles blocages de routes. 

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Royal appelle au calme. Mardi, Ségolène Royal a demandé sur aux transporteurs de "se calmer". La ministre a cependant reconnu que le système d’un péage automatique, décidé par le gouvernement Fillon,  n’était pas le plus judicieux. Elle a par ailleurs vanté la simplicité "des systèmes de vignettes qui permettent d'appliquer le principe pollueur-payeur et qui sont tout à fait acceptés par les transporteurs routiers". 

Le 2 octobre, après l’annonce de l’échec des négociations avec les transporteurs, le  secrétaire d’Etat aux transports Alain Vidalies a dit être "dans une démarche de main tendue" avec eux. Il attend de leur part des propositions d’alternatives au péage transit. 

Ecoutez les arguments de Aline Mesples, présidente de l'OTRE :