Pierre Bergé "scandalisé" par les marques qui se mettent à la "mode islamique"

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Plusieurs grandes marques de vêtements proposent désormais des collections destinées aux femmes voilées. Un scandale pour l'ancien compagnon d'Yves Saint-Laurent.

INTERVIEW

Des vêtements de bain à mi-chemin entre le bikini et la Burqa chez Marks & Spencer, des hijabs chez Uniqlo… Les grandes enseignes de prêt-à-porter, mais aussi des créateurs comme Dolce & Gabanna, lorgnent de plus en plus le Moyen-Orient et la clientèle islamique. Une tendance qui n’a pas manqué de faire bondir Pierre Bergé, compagnon d’Yves Saint-Laurent et ancien président de la chambre syndicale du prêt-à-porter des couturiers et créateurs de mode.

Libérer les femmes. Invité du Grand Direct de l’Actu, il explique les raisons de son coup de gueule. "Je suis scandalisé, moi qui ai été pendant 40 ans aux côtés d’Yves Saint-Laurent, j’ai toujours cru qu’un créateur de mode était là pour embellir les femmes, pour leur donner la liberté, et en tous cas pas pour être le complice de cette dictature imposée qui fait que l’on cache les femmes."

Faire de l'argent. Les fabricants de vêtements disent répondre à une demande grandissante de la part des femmes voilées, et profiter ainsi de l’apparition d’un véritable marché. "Tout ça pour faire du fric ! Excusez-moi, mais je pense que les convictions doivent passer avant l’argent", leur répond Pierre Bergé. "Ça n’est pas parce que des femmes sont obligées par leur mari de se vêtir dans ce sens-là qu’il faut les y encourager. Il faut leur apprendre à se dévêtir et à se libérer", martèle-t-il. 

Islamophobie. Et pour celles qui ont pleinement choisi le voile ? "Je ne vois pas pourquoi on va vers cette religion, vers ces mœurs qui sont incompatibles avec celles de la liberté qui sont les nôtres, à nous occidentaux", soutient celui qui fut un proche de François Mitterrand. Alors que sa prise de position, déjà exprimée dans Le Parisien, n'a pas manqué de déchaîner de nombreuses critiques sur les réseau sociaux, l’intéressé se défend de tout discours islamophobe : "Pas du tout, je vis au Maroc la plupart du temps. Je ne suis vraiment pas islamophobe. J’ai l’habitude de dire ce que je pense et de penser ce que je dis, et je n’ai pas l’habitude de me soucier de ce que l’on dit à côté de ça".