Où en est-on des crédits revolving, 5 ans après la loi Lagarde ?

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L'association de défense des consommateurs (CLCV) a envoyé près de 200 clients mystères dans 61 enseignes. Résultat de l'enquête : dans plus de deux tiers des cas, c'est un crédit revolving qui est proposé.

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"Souhaitez-vous prendre la carte du magasin ?" Pour payer en "trois fois sans frais" un canapé ou un téléviseur, nombreux sont ceux à déjà avoir entendu cette question. Encadrée par la loi Lagarde en 2010 et la loi Hamon en 2015, la technique du crédit renouvelable n'est pas nouvelle et que l'on retrouve dans 70% des dossiers de surendettement. L'objectif était de protéger les consommateurs des risques de surendettement. L'association de défense des consommateurs Consommation logement et cadre de vie (CLCV) a envoyé au deuxième trimestre près de 200 clients mystères effectuer un achat supérieur à 1.000 euros dans 61 enseignes réparties dans 33 départements.

Une carte du magasin obligatoire. Résultat de cette enquête : 20% des enseignes ne respectent pas du tout la loi et continuent à ne proposer qu'un crédit renouvelable. D'autres, la majorité (plus de 60%), contournent simplement la loi en proposant de payer trois fois sans frais. Au premier achat c'est vrai, pas de frais supplémentaires. Mais il faut alors obligatoirement prendre la carte du magasin, liée à un crédit renouvelable. Danièle a mené l'enquête comme cliente mystère pour la CLCV a demandé à payer à crédit un frigidaire à plus de 1.000 euros : "Le vendeur nous a dit de prendre la carte du magasin et que là, notre crédit gratuit serait accordé", se souvient-elle. "En lui reposant la question, on s'est aperçus que ça n'était pas du tout une carte de magasin comme on l'entend, mais une carte bancaire qui était liée à un crédit renouvelable et sans possibilité de s'y opposer", explique t-elle.

Le crédit est donc gratuit pour le premier achat mais si vous revenez dans le même magasin payer à nouveau à crédit, celui-ci ne sera pas du tout gratuit, mais à plus de 16% de taux d'intérêts.