Les travailleurs français, heureux mais maltraités par leur hiérarchie

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Un questionnaire en ligne sur le travail, lancé par la CFDT, révèle que si les salariés prennent souvent du plaisir au travail, ils formulent également de nombreux reproches à leur(s) supérieur(s). 

Elle a l'ambition d'être la plus grande enquête sur le travail jamais réalisée en France. Fin septembre, le syndicat CFDT a lancé un questionnaire sur Internet, Parlons Travail. Un sondage ouvert à tous, auquel quelque 100.000 personnes ont déjà répondu. 

Un problème avec la hiérarchie. Les premiers résultats sont un mélange de chiffres encourageants et franchement déprimants. En effet, deux-tiers des participants prennent du plaisir au travail. Mais un tiers des personnes qui ont répondu disent mal dormir à cause de l'activité qu'ils exercent. Et ce sont surtout leurs supérieurs hiérarchiques qui semblent responsables, selon eux, de ce mal-être.

En effet, deux-tiers des salariés estiment que leur chef est inutile. Ne pas en avoir ne changerait rien pour eux. Six sur dix ont l'impression que leur supérieur ne se préoccupe pas du tout de leur bien-être et 70 % pensent qu'en général, un chef se protège plus qu'il ne protège ses collaborateurs. Il y a tout de même trois sondés sur dix qui disent avoir déjà eu envie d'être violent envers leur hiérarchie.

Manque de reconnaissance. Autre sujet clef : les promotions. "Elles sont vraiment vues comme une affaire de petits arrangements, et non de reconnaissance du travail", explique Florian Meyer, responsable de l'étude à la CFDT. Autrement dit, les salariés susceptibles de grimper les échelons ne seraient pas les meilleurs, mais ceux qui savent se faire mousser, selon les personnes interrogées. "Cela rejoint une préoccupation autour de la reconnaissance, que ce soit sous la forme d'une promotion, du salaire" ou simplement de l'appréciation du travail accompli, détaille Florian Meyer.

L'argent ne fait pas le bonheur (mais c'est mieux d'en avoir). Côté salaire, la majorité des sondés explique qu'ils ne travaillent pas pour gagner le plus d'argent possible. Mais les deux-tiers trouvent néanmoins qu'il y a de trop gros écarts de rémunération dans leur entreprise. Preuve que l'argent motive tout de même à se rendre au travail tous les matins, six personnes interrogées sur dix arrêteraient de travailler si elles gagnaient au loto. Enfin, le dernier sujet qui, visiblement, fait l'unanimité, est celui des collègues. Pour 86% des répondants, il suffit d'en avoir un pénible pour que le travail devienne invivable.