Les EPR d'Hinkley Point coûteront 1,8 milliard d'euros de plus que prévu

  • A
  • A
Les EPR d'Hinkley Point coûteront 1,8 milliard d'euros de plus que prévu
Le premier réacteur de l'EPR d'Hinkley Point doit être construit à partir de la mi-2019.@ EDF
Partagez sur :

Après les surcoûts de l'EPR Flamanville : voilà ceux d'Hinkley Point. EDF vient d'annoncer que les deux EPR que l'opérateur veut implanter en Angleterre coûtera 1,8 milliard d'euros de plus que prévu.

EDF a revu à la hausse lundi, de plus de 1,8 milliard d'euros, le coût des deux futurs réacteurs EPR britanniques d'Hinkley Point (sud-ouest de l'Angleterre), dont la construction risque en outre de prendre plusieurs mois de retard par rapport au calendrier initial.

Design, contrats des fournisseurs et séquencement des travaux... "Les coûts à terminaison du projet sont désormais estimés à 19,6 milliards de livres (au cours de) 2015, en augmentation de 1,5 milliard de livres", soit 1,845 milliard d'euros de surcoûts, a précisé EDF dans un communiqué. Selon l'électricien français, le surcoût s'explique par "une meilleure appréhension du design", ainsi que "du volume et du séquencement des travaux sur site et de la mise en place progressive des contrats fournisseurs".

Un risque de retard de 15 mois. Cette révision à la hausse intervient à l'issue d'une "revue complète" du chantier, menée par EDF depuis plusieurs mois. Par ailleurs, les deux EPR, dont le premier doit être mis en service fin 2025, pourraient être livrés plus tard que prévu. EDF évoque un "risque" de retard de 15 mois pour le premier réacteur, et de 9 mois pour le second. Si ce risque se confirme, cela coûterait "de l'ordre de 0,7 milliard de livres" en plus, soit environ 861 millions d'euros.

L'Etat veillera à ce que ce plan d'action permette de conforter le calendrier du projet

Le début de la construction du 1er réacteur toujours prévu mi-2019. Le groupe a toutefois confirmé que le début de la construction en tant que telle du premier réacteur est toujours prévu "mi-2019", mais il dépend de la finalisation du design définitif de réacteur, prévue fin 2018, "dont le calendrier est tendu", juge-t-il. Le groupe reste "mobilisé sur l'objectif initial de livraison " et sur "l'identification et la mise en place des plans d'actions destinés à réduire les coûts et les risques", assure-t-il.

Bruno Le Maire demande un plan avant fin juillet. Bruno Le Maire a pour sa part prévenu que "l'Etat veillera à ce que ce plan d'action permette de conforter le calendrier du projet". "Le ministre de l’Economie et des Finances a demandé au PDG d’EDF, Jean-Bernard Levy, que les causes précises de cette réévaluation, les facteurs de risques du projet HPC et le contenu de la revue du projet soient partagés et analysés au sein du conseil d'administration de l'entreprise. Le ministre a également demandé qu’un plan d’action rigoureux soit présenté au conseil d’administration d’EDF avant la fin du mois de juillet" pour s'assurer de la maîtrise des surcoûts et du calendrier, écrit Bercy dans un communiqué. 

Un projet signé en septembre 2016. Après dix ans ans de préparation, le projet de centrale nucléaire Hinkley Point C a été signé en septembre dernier par les autorités britanniques, la compagnie d'électricité française EDF, qui détient deux tiers de la centrale, et le groupe chinois CGN, qui détient le tiers restant.

Les travaux ont débuté avec, fin mars, la coulée du premier béton pour la mise en place des premières structures permanentes de la centrale. EDF a déjà signé plusieurs importants contrats avec des fournisseurs, tels que Bouygues, Areva ou General Electric. Fin juin, le contrôleur des comptes britanniques a estimé que le prix garanti pour la construction de la centrale pourrait engendrer un surcoût de 30 milliards de livres sur la facture des consommateurs (34 milliards d'euros).