L'Assemblée vote une expérimentation des "emplois francs" à partir d'avril 2018

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L'Assemblée vote une expérimentation des "emplois francs" à partir d'avril 2018
La ministre du Travail Muriel Pénicaud a vanté devant les députés une mesure, découlant d'une promesse de campagne@ FRANCOIS GUILLOT / AFP
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À partir d'avril 2018, une expérimentation sur les emplois francs va être mise en place dans "quatre ou cinq régions, dans quatre ou cinq groupes de quartier" dont la liste n'est pas encore arrêtée.

L'Assemblée a voté mercredi soir, à l'initiative du gouvernement, une expérimentation à partir d'avril 2018 des "emplois francs". La majorité LREM a salué "une promesse tenue" avec cette mesure, voulue par Emmanuel Macron, octroyant une prime à une entreprise qui embauche un habitant d'un quartier populaire.

Une expérimentation dès 2018. La ministre du Travail Muriel Pénicaud a vanté devant les députés une mesure, découlant d'une promesse de campagne, qui "permettra de lutter efficacement contre les discriminations à l'embauche et l'assignation à résidence". "La mise en oeuvre du dispositif "emplois francs" est prévue à compter de 2020 dans le budget de l'emploi.

Le gouvernement a décidé néanmoins d'accélérer sa mise en oeuvre par le bais d'une expérimentation sur un nombre limité de territoires en 2018 et 2019, de façon à conforter les paramètres d'efficacité de cette mesure avant sa généralisation", a-t-elle expliqué. Cette expérimentation se fera dans "quatre ou cinq régions, dans quatre ou cinq groupes de quartier" pour avoir "la capacité d'avoir un dispositif particulièrement efficace" à l'issue, a-t-elle ajouté.

Une prime à l'embauche à la clé. Ce dispositif permettra à une entreprise ou une association "de bénéficier d'une prime pour l'embauche en contrat à durée indéterminée (à hauteur de 5.000 euros par an sur trois ans maximum) ou en contrat à durée déterminée de plus de six mois (à hauteur de 2.500 euros par an sur deux ans maximum) d'un demandeur d'emploi résidant dans un quartier prioritaire", selon le gouvernement.

Une mesure qui "devrait concerner 20.000 emplois". "Nous mettons en oeuvre une mesure phare de la campagne afin de relancer et favoriser l'emploi des quartiers populaires", s'est félicité Aurélien Taché, député LREM qui avait porté un amendement similaire en commission, estimant que la mesure "devrait concerner 20.000 emplois" et "pourrait aller jusqu'à 150.000 emplois en 2019".

Un dispositif de "l'ancien monde". Mais des voix critiques se sont faites entendre dans l'opposition. Thibault Bazin (LR) a notamment évoqué une mesure "de l'ancien monde" qui avait échoué pendant le quinquennat Hollande, critiquant le fait que le dispositif ne soit "pas ciblé". Hubert Wulfranc (PCF) a lui raillé une "resucée" se demandant avec cette expérimentation "exceptionnelle", "où est donc le droit commun ?".

Les "emplois francs" expérimentés pendant le quinquennat Hollande, n'avaient pas donné le résultat escompté et le dispositif avait été abandonné en 2014. Alors que le gouvernement avait initialement prévu de financer 10.000 de ces emplois sur trois ans, seuls 250 avaient été signés lors de l'arrêt de la mesure, en raison de critères trop rigides et d'un manque de lisibilité.

Un investissement de 11,7 millions d'euros. Le ministère a souligné dans un communiqué que "les leçons de l'expérience précédente ont été tirées", arguant notamment que "le public cible a été élargi à tout demandeur d'emploi" et que "le montant d'aide a été relevé pour être plus incitatif". Le coût de l'expérimentation est évalué à 11,7 millions d'euros pour 2018. L'amendement LREM prévoyait un financement de 64 millions d'euros.