La France emprunte à des taux négatifs

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La France emprunte à des taux négatifs
Le Cac 40, à Paris. La France a emprunté lundi près de 6 milliards d'euros à court terme à des taux négatifs.@ MAXPPP
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Une première : les marchés ont montré qu’ils sont prêts à payer pour prêter à la France à court terme.

Les marchés sont-ils prêts à perdre de l’argent pour prêter à la France ? Paris a en tout cas emprunté lundi près de 6 milliards d'euros à court terme à des taux négatifs, une première qui illustre l'attrait de la dette française auprès des investisseurs, selon l'Agence France Trésor. Concrètement, emprunter à un taux négatif signifie que les investisseurs acceptent de payer pour prêter de l'argent à un pays.

La France rejoint ainsi le club fermé des pays européens qui bénéficient de rendements négatifs, avec l'Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande, l'Autriche ou le Danemark et la Suisse.

"La France fait figure de pays sûr"

Paris a en effet emprunté 3,917 milliards d'euros à un taux de -0,005% pour des titres de dette à échéance le 11 octobre. Elle a également levé 1,993 milliard d'euros à un taux de -0,006% pour des placements à échéance le 27 décembre.

Dans la mesure où les rendements évoluent à l'inverse des cours, cette faiblesse des taux signifie que jamais le prix des obligations n'a été aussi élevé. Autrement dit, la demande bat des records. "Cela prouve qu'en ces temps de turbulences financières, la France fait figure de pays sûr", a noté Patrick Jacq, stratégiste obligataire pour BNP Paribas.

La dette française encore triple A pour 2 agences

Selon les analystes, cela s’explique car la France n'est pas en récession, contrairement à plusieurs pays d'Europe du sud, même si la croissance est très faible. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé mardi dernier, lors de son discours de politique générale, que le gouvernement anticipait une croissance à 0,3% pour 2012 et à environ 1,2% pour 2013.

Pour Jean-François Robin, stratégiste chez Natixis, la baisse des taux d'emprunt concédés par Paris est amenée à se poursuivre. "Les investisseurs professionnels (fonds de pension, investisseurs institutionnels...) sont obligés de détenir dans leur portefeuille des actifs notés ‘triple A’ (la meilleure note possible) par les agences de notation. Or ces placements ne sont plus si nombreux", a souligné Jean-François Robin.  

La dette française est encore notée triple A par deux des trois grandes agences de notation (Moody's et Fitch). Standard and Poor’s avait, elle, dégradé la note souveraine de la France d'un cran, à AA+, en janvier dernier.