Prix à la pompe : les pétroliers ne jouent pas le jeu

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Prix à la pompe : les pétroliers ne jouent pas le jeu
@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Une association de consommateurs dénonce l’opportunisme des professionnels du carburant

L’INFO. L'essence et le fioul encore trop cher. C'est ce que dénonce l'association de consommateurs CLCV, qui épingle les stations essence trop gourmandes sur les marges. La baisse vertigineuse du prix du brut n'a pas été répercutée à 100% sur les prix à la pompe. Les pétroliers avaient pourtant prévu de jouer le jeu. Mais vendredi, la promesse n'est visiblement pas tenue.

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Sur le prix du gasoil, pas de souci : la baisse du pétrole est plutôt bientôt répercutée. C’est en revanche beaucoup moins le cas pour l’essence et le fuel domestique. Alors que les distributeurs avaient bien joué le jeu au départ, ils profitent, depuis le début du mois de décembre, pour augmenter leurs marges plutôt que de baisser les prix à la pompe, selon la CLCV.

pompe

"Ces prises de marge, c’est de l’opportunisme". Les marges sont ainsi passées de 9 à 12 centimes, par exemple, sur le litre d’essence et elles sont proches d’un record pour le fuel domestique. Ce n’est pas un hasard si ce sont ces carburants qui sont les plus touchés, selon François Carlier, le délégué général de la CLCV, joint vendredi par Europe 1 : "on voit que les distributeurs de carburants ne font pas des prises de marges sur le diesel parce qu’ils ont en face une clientèle de professionnels qui surveillent de très près le niveau des prix. Alors que le fuel et l’essence s’adressent aux particuliers qui, globalement, voient les prix baisser. Ce qui est normal puisque le prix du baril baisse. Mais ils ne vont pas forcément regarder qui répercutent au mieux cette baisse des prix à la pompe."

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Et François Carlier de conclure : "ces prises de marge, c’est de l’opportunisme de la part des professionnels car cela se fait sur le dos des particuliers. Et nous on trouve cela particulièrement dommageable."

Le milieu rural encore plus touché. Et ces marges sont encore plus importantes dans les régions où il y a peu de concurrence entre les stations-essence ou les distributeurs de fuel. C’est donc essentiellement le cas en milieu rural.

"Une baisse de 50% sur le brut, c’est 17% sur les prix." Jean-Louis Schilansky, président de l’Union Française de l’Industrie pétrolière (UFIP) a expliqué vendredi matin sur Europe 1 les raisons de ce décalage : "dans le prix des carburants à la pompe, il y a seulement un tiers du prix du brut, le reste ce sont essentiellement des taxes fixes, qui ne varie en fonction du prix du pétrole. Une baisse de 50% sur le brut, c’est 17% sur les prix."



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Sauf que l’association de consommateurs assure que cette baisse de 17% n’est pas répercutée : "on ne traîne pas les pieds. Il y a certes un décalage sur le sans plomb 95 et il est de l’ordre de 1,5 centime au litre. Je ne dis pas que ce n’est rien, mais cela ne fait pas une différence énorme."