Hinkley Point : des administrateurs salariés d'EDF saisissent la justice

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Hinkley Point : des administrateurs salariés d'EDF saisissent la justice
@ JUSTIN TALLIS / AFP
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Cinq des six administrateurs salariés de l'entreprise réclament l'annulation de la délibération du conseil d'administration de l'électricien, donnant son aval au projet Hinkley Point. 

Cinq des six administrateurs salariés d'EDF ont saisi la justice pour demander l'annulation de la délibération du conseil d'administration de l'électricien donnant son aval au lancement du projet de construction de deux réacteurs nucléaires à Hinkley Point, au Royaume-Uni, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

"Violation du droit à l'information". Ces administrateurs estiment que le PDG du groupe, Jean-Bernard Lévy, n'a "pas communiqué des informations essentielles en sa possession concernant ce projet majeur pour l'entreprise", au moment de la réunion du conseil d'administration du 28 juillet, en "violation du droit à l'information des administrateurs", a indiqué dans un communiqué le cabinet d'avocats qui les représente. Ils protestent également contre la participation au vote de plusieurs administrateurs "en situation de conflit d'intérêts avec l'entreprise". Le tribunal de commerce de Paris devrait fixer le 5 septembre une date d'audience, a précisé le cabinet Alain Levy.

"Plein soutien" de l'intersyndicale. Cette démarche des administrateurs salariés intervient après plusieurs recours en justice du comité central d'entreprise, dont l'un doit être plaidé le 22 septembre. Dans un communiqué, l'intersyndicale CGT, CFE-CGC et FO d'EDF, qui bataille depuis plusieurs mois contre un lancement précipité de ce projet qu'elle juge périlleux pour les finances de l'entreprise, apporte son "plein soutien" à l'action de ces administrateurs salariés. Sur les six administrateurs salariés d'EDF, cinq sont parrainés par les syndicats CGT, CFE-CGC et FO.

"Certains administrateurs ont découvert qu'ils n'avaient pas bénéficié du même niveau d'informations que le PDG, le commissaire du gouvernement et certains (autres) administrateurs qui, par leurs liens avec des groupes industriels, sont intéressés par les marchés" liés à ce chantier gigantesque de 18 milliards de livres (environ 21,2 milliards d'euros), écrit l'intersyndicale. Sollicité, EDF n'a pas souhaité commenter l'action en justice de ces administrateurs salariés.