La retraite chapeau du patron de GDF Suez "hors de l'entendement" ?

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La retraite chapeau du patron de GDF Suez "hors de l'entendement" ?
A son départ du groupe, prévu maximum pour 2016, Gérard Mestrallet va recevoir un petit peu plus de 830.000 euros de retraite par an, environ 70.000 euros par mois.@ Reuters
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POLÉMIQUE - La CGT demande des comptes après les révélations sur la retraite de 21 millions d'euros accordée à Gérard Mestrallet.

La CGT de GDF Suez demande "des comptes" à sa direction. En cause : une retraite chapeau "hors de l'entendement", dixit le syndicat, accordé au président du groupe, Gérard Mestrallet. Réagissant à un article du Canard Enchaîné paru la veille, la CGT réclame dans un communiqué "des éclaircissements sur le montant des retraites chapeau", dites "surcomplémentaire"et payées par l'entreprise, provisionnées par l'entreprise dans ses comptes.

"Un plan de rigueur énorme". "J'ai écrit aujourd'hui au directeur des ressources humaines pour savoir si 21 millions d'euros ont vraiment été prévus pour M. Mestrallet", a indiqué le coordinateur du premier syndicat du groupe, Yves Ledoux. Alors que "beaucoup de salariés" du groupe "vivent avec des salaires au niveau du Smic" et que GDF Suez a engagé "un plan de rigueur énorme de l'ordre de 4,5 milliards d'euros", "ils voient leur patron s'octroyer des modalités de retraite hors de l'entendement", dénonce encore la CGT.

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D'où sort ce chiffre de 21 millions ? A son départ du groupe, prévu maximum pour 2016, Gérard Mestrallet va recevoir un petit peu plus de 830.000 euros de retraite par an, environ 70.000 euros par mois. Cela représente un peu moins de 30% de sa rémunération actuelle, selon GDF Suez. D'après les informations d'Europe1, le groupe a donc bien provisionné une vingtaine de millions d'euros pour financer la retraite de son dirigeant (dans le groupe depuis 30 ans); Mais ce n'est qu'une provision.

En clair, il ne va pas toucher tout cela d'un coup : il aura un peu plus de 830.000 euros chaque année, jusqu'à la fin de sa vie, dans une limite d'une vingtaine de millions d'euros. Ces dispositions ont été votées en assemblée générale, et notamment par l’État, qui détient encore aujourd'hui 33% de l’entreprise.