Fukushima : une catastrophe deux fois plus cher que prévu ?

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Fukushima : une catastrophe deux fois plus cher que prévu ?
@ reuters
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ÉCONOMIE - L'accident nucléaire pourrait coûter 80 milliards d'euros, au lieu des 42 prévus initialement prévus.

C'est une étude japonaise qui va chambouler les prévisions de l'Etat japonais. Une recherche universitaire a conclu que la catastrophe de Fukushima, qui a eu lieu le 11 mars 2001, coûtera au bas mot 11.082 milliards de yens, soit 80 milliards d'euros. Le hic, c'est que le gouvernement n'a prévu "que" 5.800 milliards de yens, soit 42 milliards d'euros pour faire face aux conséquences du sinistre.

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Indemniser les victimes. Kenichi Oshima, professeur d'économie environnementale à l'université Ritsumeikan, intègre dans son total de dépenses et d'indemnisation des victimes, évacuées et/ou ayant perdu leur travail. Le fond de dommages et intérêts, auquel l'Etat et les compagnies d'électricité participent, est actuellement de 4.980 milliards de yens. Cette somme pourrait doubler à l'avenir.

3.200 personnes étaient mortes dans la préfecture de Fukushima après le séisme et le tsunami et lors de l'évacuation. 300.000 personnes ont par la suite, été obligées de quitter la zone.  

Gérer les dégâts de la centrale. Au sein du complexe atomique, la gestion de l'eau contaminée et le démantèlement des réacteurs saccagés nécessiteraient 2.168 milliards yens (15 milliards d'euros). 

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Décontaminer les lieux. Les alentours de la centrale doivent également être décontaminés et les déchets nucléaires résultant de cette entreprise devront être stockés. Le coût ? 3.540 milliards de yens (25 milliards d'euros). Le gouvernement essaye actuellement de convaincre les habitants concernés par la catastrophe, d'accueillir sur le terrain de leurs communes des sites d'entreposage. En échange, ils pourraient recevoir des milliards de subventions. L'entretien de ces sites coûterait aussi très cher et cela, pendant plusieurs décennies.

Le reste des dépenses relèverait de l'administratif.

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Les citoyens paieront. Kenichi Oshima rappelle que ce sont les Japonais qui vont payer la note. En tant que contribuables d'abord en payant leurs impôts. Mais aussi en tant que consommateurs, via leurs factures d'électricité. Tepco, la compagnie d'électricité qui gérait la centrale de Fukushima et a qui été nationalisée depuis la catastrophe, est censée rembourser les sommes avancées.

Le chercheur reconnaît que le coût d'une catastrophe comme Fukushima est difficile à appréhender dans sa totalité car le coût pour la société a tendance à augmenter au fil du temps. 

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