Face à face tendu entre agriculteurs et CRS devant la préfecture de la Manche

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Face à face tendu entre agriculteurs et CRS devant la préfecture de la Manche
@ CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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Quelque 150 agriculteurs ont manifesté mercredi matin devant la préfecture de Saint-Lô. Face à leurs actions - tentative de souder les grilles de la cour, dépôt de lisier - les CRS répondent avec gaz lacrymogène et canon à neige carbonique. 

La tension était vive mercredi matin devant la préfecture de la Manche, à Saint-Lô. Quelques 150 agriculteurs, selon la police et les syndicats agricoles, ont manifesté à partir de 6h15, déversant des déchets et du lisier. Les CRS ont répliqué avec des canons à neige carbonique.

Les manifestants ont d'abord tenté de souder les grilles de la cour de la préfecture, mais ils en ont été empêchés par les CRS installés dans la cour, qui les ont inondés de gaz lacrymogène.



Les manifestants, essentiellement des producteurs de lait de viande bovine venus avec une quinzaine de tracteurs, ont ensuite jeté de la paille et des pneus enflammés devant les grilles. Puis ils ont utilisé deux citernes contenant 30.000 litres de lisier pour arroser la grille de la préfecture et les forces de l'ordre.



Les producteurs réclament une remontée des prix "trop faibles actuellement pour vivre". "Absolument rien n'a avancé pour les filières d'élevage, malgré le plan d'ugence du gouvernement", a déclaré le président de la FDSEA de la Manche, Sébastien Amand. 

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Le président des jeunes agriculteurs de la Manche, Jean- Hugues Lorault, a estimé que "si des mesures ne sont pas prises, 30 à 40% des éleveurs de la Manche pourraient disparaître". "L'objectif de la manifestation est de mettre la pression sur le gouvernement, qu'il y ait des mesures qui soient prises, qu'on arrête de nous faire des effets d'annonces, de nous dire que les prix du lait seront fixés à 34 centimes fin juillet. C'est complétement faux, alors qu'aujourd'hui 90% des entreprises laitières ont annoncé ne pas pouvoir payer ce prix avant le second trimestre 2016" a ajouté le président des jeunes agriculteurs de la Manche, premier département français par son nombre de vaches laitières.

La triple crise qui frappe le monde agricole - porcine, bovine et laitière - est l'un des sujets brûlants de cet été pour le gouvernement. Mardi, le Marché du porc breton a repris après une semaine de suspension, mais avec toujours des tensions sur le prix au kilo. Quant au lait, les acteurs de la filière avaient trouvé un accord sur une revalorisation du prix du lait, fin juillet.