Etre immigré en France : les chiffres-clés

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Etre immigré en France : les chiffres-clés
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L’Insee souligne les difficultés des immigrés et enfants d’immigrés à trouver un emploi.

Venir d’ailleurs constitue encore un handicap pour vivre bien en France.  Chiffres à l’appui, l’Insee vient confirmer cette affirmation sans surprise. Le rapport publié mercredi passe au crible la situation des immigrés et des descendants d’immigrés en France : origines, éducation, taux d’emploi, conditions de vie… En voici les principales conclusions.

21% des Français ont au moins un parent immigré. L’Insee chiffre à 5,3 millions le nombre de personnes nées à l’étranger et vivant en France en 2008, soit autour de 8% de la population française. Deux tiers d’entre eux sont originaires de pays hors de l’Union européenne (UE) et un quart d’entre eux ont acquis la nationalité française. Les descendants directs d’immigrés, appelée la "deuxième génération" représentent quant à eux 6,7 millions de personnes. "21 % des 18 ans et plus résidant en France ont au moins un parent né étranger à l’étranger", note l’Insee.

Si ces proportions sont comparables à beaucoup d’autres pays d’Europe, l’Insee note que les descendants d’immigrés sont plus nombreux que les immigrés, une particularité française liée au passé colonial de la France et aux migrations anciennes du travail.

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La politique d’accès à la nationalité française ayant durci récemment, moins d’immigrés sont devenus français en 2011. Le nombre d’acquisitions de la nationalité est ainsi tombé à 66.000, contre 90.000 à 95.000 par an entre 2008 et 2010, ce qui correspondait alors à 70% de demandes acceptées.

Par ailleurs, si les immigrés restent attachés à leurs origines, l’Insee note qu’ils ont une bonne image de leur pays d’accueil : 89% d’entre eux déclarent se sentir chez eux en France.

L’intégration sur le marché du travail reste difficile. Cinq ans après la sortie du système éducatif, le taux d’emploi varie fortement selon l’origine : 82% pour les descendants d’immigrés d’Europe du Sud, tout comme les Français dont les parents sont nés Français, mais seulement 61% pour des descendants d’immigrés originaires d’Afrique.  De manière générale, 16% des immigrés étaient au chômage en 2010, dont 20% pour ceux nés en dehors de l’UE. Un écart significatif avec le taux de chômage de l’ensemble de la population active, alors de 9%.

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 Pour l’Insee, les difficultés des immigrés et enfants d’immigrés à intégrer le marché du travail s’expliquent  principalement par leur origine modeste, en particulier ceux originaires d’Afrique. 58% d’entre eux ont un père ouvrier (contre 26% des Français dont les parents sont nés en France). Le parcours scolaire est également souvent plus chaotique, ce qui explique des métiers moins qualifiés. Mais l’origine sociale n’est pas une explication suffisante, reconnaît l’Insee. Le rapport reste prudente quant à l’existence de discriminations à l’embauche : "leur influence est difficile à mesurer", précise-t-il.

Des conditions de vie moins bonnes. L’Insee évalue à 1.400 euros le salaire net médian mensuel des immigrés, contre 1.550 pour les non-immigrés. Ceux qui viennent de pays hors de l’UE sont les moins bien lotis avec 1.300 euros par mois.

Quant aux enfants de la "deuxième génération", ils se situent dans une "situation intermédiaire", selon le rapport : ils vivent mieux que leurs parents mais moins bien que les autres Français. Leur salaire net médian s’élève à 1.500 euros par mois, soit 50 euros de moins que les autres.