Loin d'être une idée en l'air formulée par de doux rêveurs, la recommandation d'un revenu de base universel figure noir sur blanc dans un rapport officiel qui sera remis mercredi à la ministre du Travail Myriam El Khomri par le Conseil national du numérique. A l'origine de cette proposition de revenu de base universel, un constat : avec la révolution numérique, certains métiers deviennent obsolètes , et le monde du travail dans son ensemble est chamboulé.
Une véritable mutation s'annonce. Les auteurs du rapport s'accordent à dire qu'on ne peut pas faire l'économie d'une réflexion sur le sujet. Le développement du numérique a de fortes probabilités de faire disparaître des cohortes d'emplois intermédiaires, tandis qu'émergeront des emplois très qualifiés et à l'autre extrémité des emplois très peu qualifiés. Avec cette automatisation des tâches à grande échelle, il n'y aura pas assez d'emplois pour tout le monde, y compris pour les gens qualifiés.
Compenser ces bouleversements. Afin de compenser ces bouleversements, le Conseil national du numérique suggère une allocation pour permettre à ceux dont l'emploi disparaîtra de continuer à vivre. Le dispositif n'est qu'à l'état de réflexion, et n'est évidemment pas tout ficelé et prêt à se déployer. Beaucoup de détails restent en suspens. S'il venait à être mis en oeuvre, ce revenu de base serait-t-il universel ou pas ? Individuel ou attribué au niveau de la famille ? Versé sans conditions ou en contrepartie d'une activité d'intérêt général ? Le rapport ne détaille pas ces modalités de mise en oeuvre mais affirme qu'il permettrait de faire face aux transitions que le marché du travail français subira .
Comment financer ce revenu de base ? Là encore, tout est à imaginer. Mais si on regroupe toutes les aides et toutes les indemnisations qui sont versées aujourd'hui (RSA, allocations logement, allocations chômage et tant d'autres), on pourrait arriver à une somme de 600 à 800 euros par personne et par mois. Affaire à suivre !